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01/09/2015 06:13 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Heurts entre policiers et nationalistes à Kiev: le bilan s'alourdit à deux morts

Les autorités ukrainiennes enquêtaient mardi pour trouver les coupables au lendemain d'affrontements entre policiers et nationalistes ayant fait deux morts à Kiev après l'adoption d'une réforme garantissant plus d'autonomie aux régions séparatistes, une mesure jugée douloureuse par beaucoup d'Ukrainiens mais saluée par les Occidentaux.

Le bilan des heurts violents devant le parlement entre forces de l'ordre et manifestants, notamment du parti d'extrême droite Svoboda, s'est alourdi après la mort dans la matinée d'un second policier alors que six personnes sur 141 hospitalisées étaient toujours dans un état grave, souffrant de blessures au ventre, aux poumons et à la tête.

"Un membre de la Garde nationale de plus a succombé à ses blessures à la suite de l'explosion d'une grenade (...) Cela fait mal", a écrit sur son compte Twitter le ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov.

En rendant visite aux soldats blessés de la Garde nationale, le président ukrainien Petro Porochenko a promis de retrouver les responsables des heurts, qui "ont distribué des battes de baseball et apporté des armes" devant le parlement et faire en sorte que "cela ne se reproduise plus jamais".

"Nous avons trouvé les auteurs et nous trouverons également les organisateurs", a-t-il lancé devant la presse selon des images retransmises par la télévision.

Il a par ailleurs appelé les forces politiques à la prudence dans un pays "blessé par la guerre où il y a beaucoup de soldats revenus du front et beaucoup d'armes qui circulent".

Les affrontements à Kiev, les plus violents depuis le soulèvement du Maïdan fin 2013-début 2014 qui a fait tomber le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch, ont suscité la vive préoccupation des États-Unis et de l'Union européenne, soutiens des autorités aux affaires depuis le printemps 2014 en Ukraine, et de la Russie, accusée par les Occidentaux de soutenir les rebelles séparatistes de l'est du pays.

Ils ont opposé les forces de l'ordre à, notamment, des membres du parti nationaliste et antirusse Svoboda, en colère à l'idée de voir les députés accorder une plus grande autonomie à leurs ennemis jurés des territoires sous contrôle rebelle.

Un total de 265 députés, pour un minimum requis de 226, a voté lundi le projet en première lecture. Il doit encore être voté en deuxième lecture à une date non fixée, cette fois à une majorité des deux tiers des 450 députés, une barre qui pourrait s'avérer difficile à passer.

- Les Occidentaux 'très préoccupés' -

Cette question de l'autonomie des "républiques populaires" autoproclamés de Donetsk et de Lougansk est au coeur des accords de paix de Minsk-2, signés en février avec la médiation de la France et de l'Allemagne. Mais pour beaucoup en Ukraine elle est synonyme d'abandon de ces territoires aux rebelles après seize mois de conflit qui a fait plus de 6.800 morts.

Le chef de Svoboda, Oleg Tiagnybok qui avait pris la parole devant les manifestants lundi avant que le rassemblement ne dégénère, va être interrogé dans le cadre de l'enquête, a indiqué à l'AFP la porte-parole de la police de Kiev Oksana Blychtchyk.

Dix-huit suspects restaient mardi en garde à vue, parmi lesquels le militant de Svoboda soupçonné d'avoir lancé une grenade devant l'entrée du parlement, a précisé la porte-parole de la police de Kiev. Douze des 30 personnes interpellées la veille ont été relâchées.

La bataille rangée devant le parlement a été qualifiée de "très préoccupante" par la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, qui a exigé que le processus de réforme constitutionnelle ne soit pas compromis par la violence.

Berlin a condamné "avec la plus grande fermeté" ces "émeutes sanglantes" et Paris a jugé "préoccupant" que des "membres de partis politiques ukrainiens aient participé à ces événements".

Washington a de son côté demandé une "enquête approfondie" sur l'origine de ces violences. La Russie s'est quant à elle dite "naturellement préoccupée" face à ce qu'elle a dénoncé comme des violences "inacceptables".

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