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01/09/2015 17:34 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Guatemala : appel au calme de Rigoberta Menchu

La militante indigène guatémaltèque Rigoberta Menchu, prix Nobel de la paix 1992, a appelé mardi au calme "face au risque de débordements" dans son pays, secoué par une vague d'indignation sans précédent autour du scandale de corruption touchant le président.

Dans un communiqué, la militante de 56 ans "remercie l'expression extraordinaire de civisme démontrée massivement par des milliers et des milliers de citoyens et citoyennes qui continuent à manifester de manière pacifique", réclamant la démission du président Otto Pérez.

Mais elle affirme son "profond rejet face aux manoeuvres du général Otto Pérez Molina pour faire s'affronter la société guatémaltèque", selon elles en mobilisant des groupes le soutenant pour perturber les manifestations.

"Je lance un appel à la société guatémaltèque à ne pas céder à la provocation, à rejeter la violence", dit-elle.

Mme Menchu, qui a fondé son propre parti politique, s'exprimait au moment même où les députés étaient réunis pour voter sur la levée de l'immunité du président Otto Pérez, général en retraite de 64 ans.

Le président conservateur est accusé par le parquet et une commission de l'ONU contre l'impunité (Cicig) d'avoir dirigé un système de corruption au sein des douanes, via lequel des fonctionnaires touchaient des pots-de-vin pour exonérer de taxes certaines importations.

Il faut 105 votes de députés sur 158 pour lever la protection judiciaire du président, une mesure recommandée par une commission parlementaire et qui serait sans précédent dans le pays.

Ce scandale, révélé en avril, suscite une vague de mécontentement historique dans le pays centraméricain, avec des manifestations pacifiques organisées chaque semaine depuis lors.

"Nous nous trouvons dans une profonde crise institutionnelle démocratique, liée aux grandes dimensions prises par la corruption, incrustée dans les hautes sphères de l'Etat, dont les responsables directs essaient de minimiser et de nier avec cynisme, pour maintenir l'impunité", écrit la militante dans son communiqué.

Le Guatemala, marqué par 36 ans de guerre civile (1960-1996), reste l'un des pays les plus violents au monde avec 6.000 morts par an, en majorité causés par le crime organisé lié au trafic de drogues.

Ses habitants sont appelés dimanche à voter aux élections générales, auxquelles M. Pérez ne se représente pas, la Constitution n'autorisant qu'un seul mandat.

ka/amd

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