POLITIQUE
01/09/2015 08:02 EDT | Actualisé 01/09/2015 08:02 EDT

Élections fédérales 2015: Des ministres en danger

Melissa Renwick via Getty Images
TORONTO, ON- August 6 - Stephen Harper steps off of his bus before he faces off NDP Leader Thomas Mulcair, Liberal Leader Justin Trudeau and Green party Leader Elizabeth May in the first election debate. August 6, 2015 Melissa Renwick/Toronto Star (Melissa Renwick/Toronto Star via Getty Images)

S’il faut en croire les résultats des sondages, Stephen Harper peut s’attendre à un cabinet très différent s’il remporte les élections.

Bien que les conservateurs demeurent dans la course face au NPD et aux libéraux, cela ne change rien au fait qu’ils soient largement en baisse par rapport à 2011, alors qu’ils ont obtenu près de 40 % du vote. Accuser un tel recul signifie qu’ils vont perdre des sièges, et certains d’entre eux pourraient bien appartenir à des ministres sortants.

Il n’y a rien à faire, lorsqu’un parti est en baisse (dans une province, une région, etc.), cela donne lieu à une vague qui emporte presque chaque candidat du parti en question. Il importe peu que vous soyez un ministre jouissant d’une grande popularité, si votre parti glisse de 10 points, vous allez probablement être entraîné dans sa chute.

Près de 20 pour cent des députés conservateurs, parmi lesquels plusieurs ministres, ont déjà quitté la politique et ne se représentent pas. Cependant, d’autres sont de retour, et certains risquent de ne pas être réélus. Voici une liste des ministres menacés d’un tel sort, en plus de quelques cas particuliers. Retenez que tout repose sur les plus récentes projections et devrait être interprété comme «si les élections avaient lieu demain».

Bernard Valcourt, dans Madawaska-Restigouche, n’a actuellement que 0,2 % pour cent de chances de l’emporter. L’avance du candidat libéral, René Arsenault, est de près de 25 % et sera difficile à surmonter.

Diane Finley, dans Haldimand-Norfolk, est relativement hors de danger pour le moment, mais 79 % de chances de l’emporter ne constitue pas une garantie de victoire.

Denis Lebel semble être l’un des rares conservateurs à l’abri au Québec, avec 87 % de chances de conserver son siège. Son collègue, Steven Blaney, dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, se trouve dans une situation similaire. Si Stephen Harper l’emporte à nouveau, son caucus québécois pourrait être encore plus petit que la dernière fois.

Leona Aglukkaq, dans la circonscription du Nunavut, est en danger. On ne dispose d’aucune simulation pour ce secteur (à cause d’un manque de sondages), mais bien qu’elle ait remporté une victoire facile en 2011, les libéraux pourraient la talonner de près cette fois-ci.

Néanmoins, le fait que Stephen Harper ait beaucoup parlé du Nord pourrait lui être utile.

Il est peu probable que Lisa Raitt, dans Egmont, retourne à Ottawa à la suite du scrutin du 19 octobre. Ses chances de victoire sont actuellement de seulement 37 %, et compte tenu du rebond des libéraux par rapport à 2011, un balayage libéral de l’Île-du-Prince-Édouard est vraisemblable.

Julian Fantino, dans Vaughan-Woodbridge, n’est pas à l’abri avec ses 66 % de chances de victoire. Son avance sur le candidat libéral,

Francesco Sorbara, n’est que de trois points, de sorte qu’on puisse parler d’une course serrée.

Joe Oliver, actuel ministre des Finances, n’a que seulement 5 % de probabilités d’être réélu. Bien que les projections actuelles ne tiennent pas compte de son ascension au sein du cabinet, après qu’il eut succédé à Jim Flaherty, les chances ne sont pas de son côté.

Dans Delta, Kerry-Lynne D. Findlay fait actuellement figure de perdante avec ses quelque 17 % de chances. Les banlieues de Vancouver seront probablement cruelles pour les conservateurs, en forte baisse en Colombie-Britannique, une province qui pourrait bien donner le pouvoir au NPD.

Chris Alexander, dans Ajax, n’a quasiment aucune chance de l’emporter. À 1 %, il causerait une grande surprise s’il parvenait à conserver son siège. Encore une fois, les banlieues sont des secteurs

plus instables, et les conservateurs accusent un recul de plus de 10 points en Ontario.

Greg Rickford, dans Kenora, est impliqué dans une course à trois favorisant le néo-démocrate Howard Hampton (61 %). Il devance tout de même le libéral Robert Daniel Nault (25 % de chances contre 14 %).

Dans Cambridge, Gary Goodyear est en avance, mais ses 80 % de chances ne l’assurent pas d’une victoire. Il pourrait bien perdre si les sondages surestiment les conservateurs, un scénario que nous ne croyons cependant pas probable.

John Duncan, dans Courtney-Albery, sur l’île de Vancouver, a beaucoup à faire s’il espère retourner à la Chambre des Communes.

Ses chances de l’emporter dépassent à peine 1 %.

Tim Uppal occupe l’un des quelques sièges qui pourraient passer au NPD en Alberta. En effet, le tableau dans Edmonton Mill Woods donne jusqu’à 26 % de chances au candidat néo-démocrate Jasvir Deol (contre 74 % pour Uppal). Parmi les ministres, il ne se retrouve pas dans la situation la plus confortable, et compte tenu du balayage du NPD provincial à Edmonton, il y a quelques mois, il ne serait pas étonnant que ce siège change de couleur.

Alice Wong, dans Richmond-Centre, pourrait figurer parmi les députés conservateurs qui perdront la partie en banlieue de Vancouver.

Toutefois, elle demeure favorite en vertu de ses 78 % de chances de victoire.

Bal Gosal, dans Brampton-Centre, pourrait être une autre victime d’une course à trois en Ontario. Avec 32 % de chances de victoire, il devance la candidate néo-démocrate Rosemary Keenan (20 %), mais est largement devancé par le libéral Rameshwer Singh Sangha (48 %).

Finalement, Ed Holder, dans London-Ouest, n’a que 27 % chances de l’emporter, derrière la libérale Kate Young et Matthew C. Rowlinson, du NPD. Seuls quelques points séparent les trois partis dans ce qui s’annonce comme l’une des courses à suivre.

De nombreux ministres ne sont pas à l’abri d’une déconvenue, et avec tous les députés qui ne sont pas de retour, Stephen Harper pourrait bien se retrouver avec un cabinet très différent si jamais il est reporté au pouvoir.

Compte tenu du nombre d’électeurs ayant exprimé un désir de changement, il ne s’agit peut-être pas du pire scénario pour lui.

Bryan Breguet a un baccalauréat en sciences et économie de la politique et une maîtrise en sciences et économie de l’Université de Montréal. Il a fondé en 2010 TooCloseToCall.ca où il fournit des analyses et projections électorales. Il a collaboré avec le National Post, Le Journal de Montréal et l’Actualité.

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