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01/09/2015 05:22 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Des milliers de parents dans la rue à la défense de l’école publique

Des milliers de parents ont accompagné leurs enfants à l'école ce matin afin de manifester leur opposition aux compressions budgétaires imposées par le gouvernement de Philippe Couillard au réseau d'Éducation de la province.

Quelque 20 000 parents, élèves, professeurs et professionnels de l'Éducation se sont donné rendez-vous 30 minutes avant le début des classes afin de former des chaînes humaines autour de leurs écoles. C'est environ 200 écoles - dans la quasi-totalité des régions du Québec (16 sur 17) - qui seront ainsi « protégées » .

L'événement est organisé par le regroupement « Je protège mon école publique! ».

Les manifestations se déroulent « dans une atmosphère bon-enfant ». Les directeurs et directrices sont également invités à se joindre à la foule de manifestants, souligne la porte-parole du regroupement, Pascale Grignon.

« Les chaînes humaines sont une initiative de parents d'élèves », explique Mme Grignon. « On s'est dit au printemps dernier : "il faut faire quelque chose pour réagir aux annonces de compressions de l'ordre de 350 millions additionnelles malgré des compressions récurrentes au cours des dernières années". »

« On voyait déjà les répercussions concrètes dans la vie de nos enfants et on s'est dit : "ça suffit, on veut une éducation de qualité dans nos écoles publiques pour nos enfants. On veut un avenir pour notre province". »

Compressions budgétaires et surpopulation

Les écoles de Montréal et de l'ensemble de la province se retrouvent dans une situation de surpopulation généralisée, avance Mme Grignon. « En moyenne, les écoles de la CSDM [Commission scolaire de Montréal] sont à 110 %, l'an prochain, les pronostics de la CSDM parlent de 120 % de leur capacité », martèle la porte-parole du regroupement. 

« Dans ce contexte de surpopulation, on vient annoncer l'abolition de 250 postes de techniciens spécialisés, d'orthopédagogues, etc. à travers la province. [...] En plus, on intègre davantage d'enfants avec des besoins particuliers : troubles d'apprentissage, difficultés d'adaptation . »

« C'est très, très important, c'est majeur dans la vie des enfants et dans la performance des ces citoyens-là dans la vie », poursuit-elle.

Le regroupement a effectué des actions similaires le 1er mai et le 1er juin dernier dans huit régions du Québec. Quelque 8000 personnes y avaient participé.

Il exige un financement « adéquat et stable » du réseau d'éducation publique primaire et secondaire au Québec.

Le budget provincial du 26 mars prévoit des compressions de 350 millions de dollars pour l'année 2015-2016 dans le réseau de l'éducation. Les commissions scolaires prévoyaient plutôt des réductions de 200 millions de dollars avant l'annonce du budget.

Le ministre québécois de l'Éducation, François Blais, estime que le système d'éducation est en mesure d'absorber ces nouvelles compressions sans toucher les services aux élèves.

Mme Grignon répond que du point de vue des parents il y a des réductions de service et que les élèves sont touchées. « On juge que les répercussions de ces compressions-là sont dramatiques et qu'on doit revenir en arrière et réinvestir en éducation.

Énumérant les postes supprimés à l'école de son enfant, Mme Grignon conclut que « clairement, dans l'école il n'y a pas de surplus ».

« Donc, s'il y a des surplus, il faut les trouver et les réinvestir au bon endroit! »

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