DIVERTISSEMENT
01/09/2015 06:34 EDT

AC/DC au Stade Olympique: encore la flamme (PHOTOS)

David Kirouac

Près de 40 000 personnes ont assisté lundi soir au spectacle du légendaire groupe de rock AC/DC, au Stade olympique de Montréal. Même sans les services du guitariste rythmique Malcolm Young et du batteur originel Phil Rudd, la formation australienne roule toujours à un train d’enfer.

Dans la foule, une mer d’amateurs portait sur la tête des cornes rouges luminescentes. À vrai dire, ceux-ci n’ont pas lésiné sur les dépenses afin d’afficher leur affection pour le groupe : t-shirts (certains à 45 $), cravates, casquettes et autres goodies remplissaient le stade malgré leur prix de vente plutôt élevé dans les différents kiosques érigés dans la place.

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À 20 h 45, l’endroit est tombé dans l’obscurité quasi totale. Sur les cinq grands écrans géants, une vidéo (animation) a entraîné les spectateurs dans une conquête de la lune : événement historique qui tourne rapidement au cauchemar, le diable brulant les astronautes pour se diriger ensuite tout droit sur la Terre. Entrée en matière infernale annoncée.

À la suite des premiers effets pyrotechniques de la soirée, les membres d’AC/DC sont débarqués à vive allure (surtout Young et Johnson) sur l’immense scène, dont le décor était coiffé de deux cornes diaboliques. On la croirait immortelle cette bande formée en 1973 - quoiqu’il y a eu pas mal de changements depuis, à commencer par le chanteur arrivé en 1980 (à la suite du décès de Bon Scott). Sexagénaires peut-être, mais ils ont toujours le feu sacré. Du moins, en apparence. Pour ouvrir le bal, ces derniers ont envoyé une version abrégée de Rock or Bust, nom de leur tournée mondiale et titre du plus récent album du groupe sorti à la fin de l’an 2014.

La voix puissante et criarde de Johnson, tout comme le jeu de guitare hallucinant de Young font toujours le travail. Mais la qualité sonore, elle, avait de quoi surprendre aussi : acoustique étouffée pour un rendu des instruments relativement cacophonique. Bienvenue au Stade olympique ! Cela dit, le son était bien meilleur dans la section 105, face à la scène… Là où le spectateur pouvait recevoir en ligne droite de plein fouet le son des immenses colonnes disposées notamment au centre du grand parterre de béton. Au spectateur de choisir adéquatement son siège ou sinon de se balader un peu.

Peu importe, rien ne semblait arrêter AC/DC. Constat semblable dans les gradins, où les spectateurs étaient remplis d’enthousiasme (le mot est faible). Avec une seule vitesse, plein gaz, le groupe a livré d’un trait les dix premiers morceaux de la soirée, dont Shoot to Thrill, Back in Black (qui a provoqué la première hystérie dans l’audience), Dirty Deeds Done Dirt Cheap (efficace), Thunderstruck (BOUM !) et Hells Bells. Pour observer le décorum, rien comme cette gigantesque cloche qui, se balançant, est venue annoncer l’arrivée du célèbre morceau. À You Shook Me All Night Long, juste après, c’était l’occasion parfaite pour toutes ces femmes de danser leur vie entre les rangées.

Sont ensuite passées quelques chansons sur le même ton. Première véritable baisse de régime.

Mais à T.N.T. (« oh,oh,oh,oh,oooh, oooh, oh, I’m Dynamite ! »), on a eu droit à une autre frappe qui a pratiquement fait trembler le stade. Quel dynamisme ce Brian Johnson, malgré ses 67 ans.

Angus Young

Or, l’homme de la soirée est encore et toujours Angus Young, le moteur du groupe. En finale de Let There Be Rock, il a d’ailleurs livré un solo de guitare dévastateur d’environ 15 minutes. Le musicien, qui a sautillé durant tout le concert, a plongé les spectateurs dans une sorte de transe à la fin du spectacle. À l’avant-scène, au milieu de la passerelle, voire caché quelques instant derrière les décors, il a carrément déchiré l’air avec ses lignes interminables de guitare électrique.

Dégoulinant de sueurs, longs cheveux épars collés au visage, grimaces répétées, chemise blanche ouverte imbibée, Young semblait complètement possédé. Si on ajoute à tout cela de nombreuses tactiques réussies afin d’entraîner la foule dans son jeu, on peut dire sans se tromper que ce passage a certainement été l’un des moments forts de la soirée. Frénétique délire !

Quand au rappel, Young est apparu de nouveau par une trappe au milieu de la scène, on était en droit de se demander ce qui était advenu du type vêtu de son éternel costume d’écolier… Toutes les cordes de sa guitare grinçaient et vibraient pour la captivante et festive Highway to Hell.

For Those About to Rock (We Salute You), qu’il chantait le gars d’AC/DC… Fiou.