VIVRE
31/08/2015 12:13 EDT | Actualisé 31/08/2015 12:15 EDT

Au cœur du Québec en Abitibi-Témiscamingue (PHOTOS)

Catherine Lefebvre

C’est loin, c’est creux et il n’y a rien à faire là-bas. Telles sont les réactions de trop de gens quand il est question de faire une escapade en Abitibi-Témiscamingue. Pourtant, les grands espaces sont immenses, l’air est bon et il y une foule de joyeux personnages à rencontrer.

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Nous commençons notre séjour à l’incroyable Refuge Pageau à Amos. Michel Pageau, du documentaire Il parle avec les loups, a fondé son refuge en 1986 pour les animaux sauvages blessés avec sa conjointe Louise. Toujours dans l’optique de laisser les animaux regagner leur liberté une fois guéris, les pensionnaires sont soignés, traités et habilement protégés pendant un séjour plus ou moins long. Notre guide, Marie-Frédérique Frigon, parle aussi avec les loups. Seule dans l’enclos avec une meute de louves, elle est manifestement parmi les siennes. Elle est si belle à voir.

Nous poursuivons notre route jusqu’au Parc national d’Aiguebelle. Nous passons la nuit au bord du lac Lois et profitons de la soirée pour découvrir les environs en kayak et souhaitons tant bien que mal de voir un orignal s’abreuver au bord du l’eau. Il y a quand même 4 fois plus d’orignaux au km2 dans le coin, comparativement aux autres régions du Québec. Hélas!

Au petit matin nous allons marcher dans le Sentier des paysages, qui porte d’ailleurs très bien son nom. C’est là que nous pouvons observer les marques apparentes laissées par la lave des volcans, il y a de cela 2,7 milliards d’années. À travers Aiguebelle, trois constantes reviennent : le lac à faille, les collines Abijévis et la plaine argileuse, ce qui explique pourquoi les lacs ne sont généralement pas très clairs en Abitibi-Témiscamingue.

Toujours en pleine nature, nous rencontrons Roger Larivière, le maître des champignons. Ce professeur au Cégep, retraité depuis quelques années, repère les champignons depuis près de 40 ans. C’est avec les yeux pétillants, comme un enfant à sa première visite à Disney, qu’il nous raconte son histoire d’amour pour les champignons et les plantes sauvages. C’est le genre de prof qui marque la mémoire de ses étudiants à vie. Et pour cause, nous en croisons quelques-uns dans les bois, entre les talles de chanterelles et les russules qui préfèrent pousser ça et là.

Après une bonne nuit de sommeil, nous entamons une tournée gourmande à vélo. Depuis Notre-Dame-du-Nord – au nord du lac Témiscamingue -, nous roulons vers le sud-est en direction de Laverlochère. Le vent de face nous donne du fil à retordre. C’est pourquoi nos nombreux arrêts en cours de route sont les bienvenus, comme à la fromagerie Le fromage au village à Lorrainville, à la toute nouvelle brasserie artisanale Barbe Broue à Ville-Marie et au Verger des Tourterelles à Duhamel-Ouest.

Nous terminons notre parcours en beauté, et en délices surtout, à L’Éden rouge à St-Bruno-de-Guigues, la seule Table champêtre en Abitibi-Témiscamingue. Ce jardin et restaurant est l’exemple parfait d’une entreprise familiale qui rend un fier hommage aux producteurs de la région. Et le summum dans tout ça, c’est la fille de la propriétaire qui mène le bal en cuisine. Du haut de ses 23 ans, Angèle-Ann Guimond est d’ailleurs l’instigatrice du projet de la Table champêtre. Une jeune femme particulièrement inspirante et dont la carrière est à suivre de près.

Nous terminons notre séjour formidable à la pourvoirie Taggart Bay Lodge au bord du lac Kipawa, près de la frontière ontarienne. Ça fait plus de 70 ans qu’Yves Bouthillette et sa famille opèrent la pourvoirie. Lorsqu’Yves arrive à notre quai à 7h tapant, il a tout ce qu’il faut pour tenter le doré, en plus des meilleures histoires de pêche. Il nous raconte entre autres que ses clients les plus fidèles sont les Américains. Plusieurs d’entre eux, comme ceux que nous dépassons en chaloupe, viennent pêcher ou chasser chaque année depuis des dizaines années, voire plus d’une vingtaine d’années, et même plusieurs fois par an.

Si l’Abitibi-Témiscamingue semble encore loin pour certains, elle ne laissera aucun amoureux de la nature sur sa faim.

Ce voyage a été rendu possible grâce à Tourisme Abitibi-Témiscamingue.

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