VIVRE
27/08/2015 11:58 EDT | Actualisé 27/08/2015 11:59 EDT

Enfant à bord : traverser l'Amérique à vélo, en famille!

Courtoisie

De l’Alaska à la Terre de Feu, on compte environ 15 000 km à vol d’oiseau, soit plus d’une journée de voyage en avion. Imaginez à vélo…

Et pourtant, ce n’est pas la distance qui fait peur à Marie-Ève Paiement et Karl Baltzer. Depuis un peu plus d’un an, le couple parcourt l’Amérique à vélo avec, bien installée dans une remorque à l’arrière, leur petite fille Kayla.

Lorsqu’ils se sont rencontrés il y a une dizaine d’années, tous les deux rêvaient de parcourir le monde. Puis, le désir d’avoir un enfant est venu. « On s’est dit que si on attendait de revenir [de voyage], on allait être trop vieux … », dit Karl en riant.

Qu’à cela ne tienne, ils feraient les deux. Le 3 mai 2014, 11 mois après la naissance de leur fille Kayla, « après avoir tout vendu, tout donné ou entreposé », raconte Marie-Ève, la famille au complet s’envolait pour Anchorage, en Alaska.

Depuis, ils ont traversé l’ouest du Canada et des États-Unis, les montagnes du Mexique, et se trouvent maintenant au Guatemala. Soit près de 9700km à ce jour, principalement à vélo, et parfois en voiture ou en bateau.

Pour financer ce périple, il a fallu mettre de côté l’équivalent de trois ans de salaire. « On vivait sur un seul salaire et l’autre on l’économisait, » explique Marie-Ève.

Malgré tout, ils pensent que le voyage sera plus long que prévu, et les dépenses plus élevées. Le couple envisage donc de « travailler à un moment ou un autre pendant le voyage », dit Karl, ou bien rentrer au Canada quelque temps… puis repartir sur la route.

En une journée de vélo, la famille parcourt environ 40km, parfois moins, parfois plus. Ils disent à la blague ne pas chercher à battre le Tour de France. « Quand on est fatigué, on arrête», confie Marie-Ève, car « si on se pousse trop, le lendemain c’est dur.»

Le vélo a été choisi pour sa lenteur. « C’est un moyen de transport plus proche des gens,» disent-ils, un vecteur de rencontres. Ils racontent avoir été invités à passer quelques nuits chez de parfaits inconnus, avoir reçu de la nourriture, de l’argent, mais surtout, beaucoup d’amitié. « On n’arrive pas à s’habituer, à chaque fois on est surpris », dit Karl.

Kayla a maintenant 2 ans et demi. À l’aise dans sa remorque, voyager avec elle est «plus facile que ce qu’on imaginait, » dit son père. « C’est elle qui s’adapte le mieux à tout. »

Bien sûr, il faut anticiper ses besoins. « Au début du voyage des fois on prévoyait jusqu’à 11 jours de couches », lance Marie-Ève en riant.

Et puis, elle reste une enfant, avec ses cris, ses pleurs, et ses courtes nuits. Il faut savoir faire preuve de patience, et s’arrêter parfois quelques jours lorsque la fatigue est trop lourde.

Du reste, les deux parents se réjouissent de pouvoir assister à toutes les « premières fois » de leur fille. « C’est du concentré de famille », dit sa mère.

Ancienne éducatrice en CPE, elle est convaincue que le périple contribue positivement au développement de Kayla, qui côtoie sans cesse des enfants d’autres cultures. «Elle commence à parler français, elle comprend l’anglais, et elle comprend certains mots en espagnol », dit-elle.

Pour l’instant, la famille veut profiter du moment présent et ne pense pas trop au retour. Ils nourrissent tout de même le projet d’écrire un livre ou de réaliser un film sur leur voyage, pour en encourager d’autres à se donner les moyens de leurs rêves. «Tout est possible », dit Karl. « Ce n’est pas parce qu’on a un enfant qu’on ne peut plus rien faire. Au contraire, c’est parce qu’on a un enfant qu’il faut en faire plus.»

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Pour suivre les aventures de Marie-Ève, Karl et Kayla, rendez-vous sur leur site ou leur page Facebook.