POLITIQUE
27/08/2015 11:25 EDT

Sylvie Roy dénonce la «campagne de salissage» de la CAQ

Après avoir annoncé qu'elle quittait la Coalition avenir Québec (CAQ) pour siéger comme indépendante à l'Assemblée nationale, la députée Sylvie Roy affirme que la Coalition avenir Québec (CAQ) a entamé « une campagne de salissage » à son endroit.

Un texte d'Alexandre Duval

De passage à l'émission Chez nous le matin, la députée d'Arthabaska a laissé entendre que le chef de la CAQ, François Legault, l'aurait mise en garde après qu'elle eut choisi de quitter sa formation politique.

« Il m'a dit : "Tu veux faire mal à la CAQ? Tu vas voir, on va te faire mal", a-t-elle raconté. C'est clair que la campagne de salissage qu'ils font à mon endroit est reliée à cette assertion-là. »

« Ce qu'ils me font là, la job de bras, c'est un petit peu bas. »

Sylvie Roy, députée d'Arthabaska

Mercredi, le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, a affirmé que Sylvie Roy avait eu des problèmes de comportement au caucus de la CAQ. Il a aussi affirmé l'avoir rencontré personnellement, afin de lui offrir de l'aide.

« J'ai trouvé ça tellement macho et paternaliste que ça m'a insultée et que ça m'a peut-être poussée à partir. Qu'il s'occupe d'un parti politique, puis moi, je vais m'occuper de mes affaires », a tonné Sylvie Roy.

Interrogée au sujet de rumeurs concernant sa consommation d'alcool, la députée a affirmé qu'il s'agissait d'accusations « bassement alléguées ». En conférence de presse, jeudi, elle a mis quiconque au défi de trouver une photo d'elle avec un verre à la main. « Il y a un photographe à toutes nos activités partisanes. Je ne bois que l'eau. »

« C'est des rumeurs et même si je le disais cent fois, ils ne comprendront jamais! […] Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. »

Sylvie Roy, députée d'Arthabaska

Un conseiller de la CAQ, Guy Therrien, a publié un message sur Twitter, mercredi, dans laquel il affirmait que Sylvie Roy avait des problèmes de consommation d'alcool. Le message a été supprimé depuis.

Déçue de ses anciens collègues

Annonçant qu'elle compte publier une lettre ouverte dans les médias vendredi, Sylvie Roy en a lu un court extrait devant les journalistes. Elle y décrie le traitement que lui a réservé François Bonnardel après l'annonce de son départ.

« Il est surprenant, voire inconcevable, qu'un représentant d'un chef de parti, avec l'assentiment de ce dernier, s'attarde à salir la réputation [d'une députée]. Il est rare de voir cela en politique », ajoutant qu'il s'agit d'une première au Québec, selon elle.

Sylvie Roy a aussi décoché une flèche à l'endroit de son ancien chef, François Legault, affirmant que dans le passé, « tous les chefs ont eu l'élégance de s'élever au-dessus de la mêlée ».

Dans un message publié plus tôt jeudi matin sur Twitter, François Legault, s'est dit « triste de voir autant de politique partisane autour d'un drame humain ».

Une liberté de parole retrouvée

La députée d'Arthabaska estime que son départ de la CAQ lui permettra de retrouver une liberté qu'elle avait perdue.

« Je vais prendre les dossiers qui vont m'intéresser, je vais assister aux commissions [parlementaires] qui vont m'intéresser, je vais prendre la parole sur les sujets qui vont m'intéresser. Je n'aurai de permission à demander à personne », a-t-elle dit.

Sylvie Roy ne croit pas que son temps de parole limité pendant la période de questions à l'Assemblée nationale sera un problème. « Si vous travaillez bien, il y a d'autres tribunes. On peut faire des entrevues », explique-t-elle.

« J'avais le goût de revenir avec mes gros dossiers que je bûche et que je cherche [...] Je voulais redevenir indépendante et prendre ma liberté de parler et de gérer mon temps. »

Sylvie Roy, députée d'Arthabaska

La députée a fait savoir qu'elle terminerait son mandat actuel, mais n'a pas voulu s'avancer sur une éventuelle candidature lors des prochaines élections provinciales, prévues pour 2018. « J'ai pris un contrat de quatre ans. Je vais le finir. »

MISE À JOUR

La CAQ a réagi par voir de communiqué jeudi après-midi. «Nous sentions depuis un certain temps, en tant que collègues, que nous devions être présents pour elle et lui offrir notre aide, dit le chef de la CAQ, François Legault. Nous avons pris nos responsabilités, ce qui n’est pas toujours facile. Nous regrettons tous la tournure publique des événements. Nous voulons tous le plus grand bien pour Sylvie.»

«Je veux être très clair sur une chose : il n’y a eu aucune menace ou attaque personnelle envers Sylvie Roy, ajoute-t-il. Au contraire, c’est avant tout des sentiments d’amitié et de respect qui nous ont poussés à lui offrir notre aide. Toute affirmation qui irait dans le sens contraire serait fausse. C’est d’ailleurs sans rancœur que je lui souhaite tout le meilleur pour la suite des choses et ce malgré son départ .»

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