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27/08/2015 11:50 EDT | Actualisé 28/08/2015 11:40 EDT

Rentrée scolaire 2015 sous pression au Québec (VIDÉO)

Les petits Québécois reprennent le chemin de l'école à compter de ce matin et ils seront encore plus nombreux cette année à se présenter dans les classes des établissements de la province. Le mini baby-boom de la fin des années 2000 et l'immigration expliquent la hausse de 37 000 élèves, au cours des cinq dernières années, dans les écoles québécoises.

Alors que les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se vidaient il y a quelques années, il faut maintenant construire de nouvelles écoles pour assurer la formation de tous ces nouveaux élèves.

« C'est sûr qu'on avait prévu des classes supplémentaires pour les nouveaux élèves issus de l'immigration ou des élèves qui sont le fruit du baby-boom québécois », explique la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. « Rosemont fait partie des quartiers où il y a une grande augmentation [du nombre d'élèves]. »

De nombreux écoliers effectueront ainsi leur rentrée dans des écoles toutes neuves. C'est notamment le cas à l'École Saint-Laurent Ouest, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, et à l'École de L'Île-des-Sœurs, dans l'arrondissement de Verdun.

« L'école est attendue depuis plus de quatre ans dans ce nouveau quartier », explique la présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Diane Lamarche Venne. « Elle pourra compter jusqu'à 700 élèves. « Mais à la CSMB, les deux nouveaux bâtiments et les quatre agrandissements complétés cette année sont loin de combler tous les besoins. »

« La clientèle continue de rentrer; c'est en moyenne 1000 élèves par été. Alors on est plein partout et on a encore des agrandissements à venir », poursuit la présidente de la CSMB. « Il y a encore des constructions demandées à venir, il y a encore des classes portables dans certaines cours d'école. On est content, on a travaillé fort pour les avoir, mais ça ne règle pas le problème. »

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM) aussi, les besoins d'espace explosent dans plusieurs quartiers. Cinq écoles ont été agrandies et dans Notre-Dame-de-Grâce, une nouvelle école a été construite. La fermeture de deux écoles primaires, qui doivent être rénovées, réduit toutefois l'effet de ces nouvelles constructions sur la capacité d'accueil de la commission scolaire.

« Il y a une pression énorme dans Rosemont, ajoute Mme Harel-Bourdon. On attend pas loin de 800 nouveaux élèves dans les cinq prochaines années dans Rosemont. »

« La plupart des écoles de Rosemont sont en surpopulation : on est obligé de reprendre des bibliothèques, des espaces communs pour en faire des classes. »

— Catherine Harel-Bourdon

Pressions financières et syndicales

À la pression démographique s'ajoutent les pressions occasionnées par les compressions budgétaires imposées par le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) et les négociations de la convention collective des enseignants.

Le ministre François Blais doit faire face à la fronde des syndicats d'enseignants, des comités de parents, des parents et de certaines commissions scolaires qui sont mécontents des compressions budgétaires au sein du MEESR.

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En entrevue à ICI Radio-Canada Première, le ministre Blais explique cette grogne généralisée par l'effort budgétaire qui est demandé à l'ensemble du réseau de l'Éducation, à la réforme de la gouvernance qu'il entend imposer aux commissions scolaires et aux négociations avec les syndicats des enseignants pour le renouvellement de leurs conventions collectives.

Des syndicats d'enseignants ont d'ailleurs des mandats de grève de quelques jours en poche et d'autres pourraient leur emboîter le pas lors d'assemblées générales qui se tiendront dans les prochaines semaines.

Le ministre Blais, qui souligne que son ministère a eu des discussions au cours de l'été avec les syndiqués, note « un certain progrès » dans les négociations. Lorsque l'animateur lui souligne que le « certain progrès » touche des aspects périphériques des négociations et non les enjeux principaux, le ministre refuse de commenter les négociations en cours.

« On demande aux syndicats et aux enseignants de respecter leurs contrats de travail », ajoute le ministre en refusant d'aborder la question d'une éventuelle loi spéciale pour mettre fin aux grèves. « On n'en est vraiment pas là, répète le ministre. Il y a eu du travail de fait cet été. Ça a avancé sur certains points, pas assez sur d'autres - très clairement - je pense vraiment qu'on peut faire des progrès. »

La présidente de la CSDM rappelle que le gouvernement a réduit le budget de la commission scolaire de 100 millions de dollars au cours des cinq dernières années. « On ne peut pas penser qu'on peut couper 100 millions de dollars sans affecter le service aux élèves », plaide Mme Harel-Bourdon, mère de trois enfants fréquentant l'école publique.

De son côté, le ministre de l'Éducation soutient que l'effort budgétaire demandé au réseau est de l'ordre de 1 %. M. Blais a déclaré que le système d'éducation peut effectuer ces compressions dans le but de sauver l'école publique québécoise.

M. Blais a également répété que les élections scolaires sont terminées. Il entend déposer un projet de loi dans les prochaines semaines qui fera une plus grande place aux parents dans la gestion du réseau des écoles publiques.

Pendant ce temps, les enseignants promettent de mettre en œuvre des moyens de pression afin de faire sentir leur mécontentement en ce qui concerne les offres du ministère et des parents s'organisent pour « sauver l'école publique » des compressions budgétaires. Des manifestations - des chaînes humaines autour des écoles - sont prévues le 1er septembre dans plusieurs écoles de la province.

Avec Anne-Louise Despatie