DIVERTISSEMENT
27/08/2015 02:19 EDT | Actualisé 27/08/2015 02:20 EDT

«Beachclub» à Z: plus que des «fils à papa» (VIDÉO)

Courtoisie Z

On a beaucoup parlé de gros sous, d’alcool et de party, mais moins des cours de yoga sur paddleboard, des jeux gonflables pour enfants, des trampolines et du camp de jour. On a aussi abondamment jasé du passage de Kylie Jenner, et encore plus de la visite annulée de Justin Bieber, la semaine dernière, mais on s’est moins attardé aux ambitions d’attirer éventuellement sur place des groupes rock et des galas de boxe et d’humour.

L’image qu’on nous renvoie du Beachclub de Pointe-Calumet, depuis qu’Olivier Primeau en est le propriétaire et volubile porte-parole, est très bling-bling. Tout comme le récit qu’on trace partout de ce clan prospère qui a soi-disant joué le tout pour le tout en investissant une somme faramineuse dans l’institution des Laurentides pour, a-t-on souvent laissé planer, combler une clientèle fêtarde aux pectoraux généreux et au bronzage parfaitement au point.

C’est d’ailleurs cet angle, celui de deux grands gamins parvenus qui se sont procuré un gros joujou, qu’exploite le documentaire Beachclub, en ondes sur la chaîne Z dès aujourd’hui, 27 août. Animée par Benoît Gagnon, la série de 10 épisodes de 30 minutes réalisée par Simon Sachel montre toute «l’épopée» d’Olivier Primeau et les siens pour retaper le Beachclub, y amener des stars et en faire le «talk of the town» qu’on connaît aujourd’hui.

Olivier Primeau s’amuse un peu de tout ce tapage, qu’il soit positif ou négatif – vous connaissez l’adage, parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en -, mais d’être considéré comme celui qui a tout eu cuit dans le bec l’agace un tantinet. Ce qui ne l’empêche toutefois pas de jouer le jeu médiatique à fond et de se préparer, déjà, pour la deuxième saison de Beachclub, qui sera dans nos petits écrans l’an prochain.

«Les gens disent qu’on est des fils à papa, mais c’est vraiment pour vendre le show, souligne Olivier Primeau. Quand Z et les producteurs (de la boîte Datsit) m’ont appelé et m’ont proposé cette image de «fils à papa» ou de «gosses de riches», je me suis un peu obstiné avec eux. Je connais l’expression québécoise, mais on a travaillé fort, et on travaille encore beaucoup. Dans l’émission, on dirait que c’est juste notre père, mais ce n’est pas vrai.»

Un produit unique

L’histoire des Primeau a été lue, vue, entendue tout l’été. Re-récapitulons-la pour ceux qui auraient passé les derniers mois sur une autre planète ou sous un tas de roches. Olivier et Julien Primeau, jeunes hommes d’affaires dans la fin vingtaine, ont fait l’acquisition du Beachclub de Pointe-Calumet en janvier dernier, aidés de leur père, le riche entrepreneur Dominique Primeau. La famille s’est construit un petit empire avec sa chaîne de supermarchés IGA à Saint-Rémi et Sainte-Martine, sa crèmerie à Beauharnois et d’autres bâtiments commerciaux. Les frangins Primeau ont commencé à travailler dès l’âge de 15 ans; à 20 ans, Olivier avait 300 employés sous ses ordres.

«Dans notre famille, on a bien réussi. Je n’ai pas à être gêné que mon père réussisse. J’en parle ouvertement et je suis fier de ça. Oui, je suis le fils de Dominique Primeau, mais les gens commencent à me connaître aussi. Je pourrais être chez nous à ne rien faire, avec mon frère, on n’aurait même pas besoin de travailler, mais on aime avoir des projets, et le Beachclub, c’est vraiment un projet spécial. Mon père est content et fier, il ne pensait pas aimer ça autant», plaide Olivier.

C’est en juin 2014 qu’Olivier Primeau a mis les pieds pour la première fois au Beachclub de Pointe-Calumet, attraction fondée il y a 20 ans par Pierre Touchette, qui demeure à ce jour consultant au sein de l’équipe de direction. Tout de suite, Olivier a vu le potentiel de l’endroit, un club de jour à ciel ouvert aux sonorités électroniques, ouvert de 11h à 21h, annexé au parc aquatique. Aux dires d’Olivier, le Beachclub a toujours «bien fonctionné», mais commençait à emprunter une «pente descendante» depuis deux ou trois ans. Avec son père et son frère, il a acheté l’installation pour un montant resté jusqu’ici secret, et y a investi 1,5 million pour revigorer les lieux. Les travaux ont débuté en plein hiver.

«Ça manquait un peu d’amour, on l’a refait de A à Z. On offre maintenant un produit unique, et c’est pour ça que ça marche si bien. On a refait la scène centrale et la piste de danse, ajouté une grosse piscine avec des cabanas et un parc de wakeboard et de ski nautique électrique d’un mètre de long, qui est unique au Canada. On a aussi une plage pour enfants, des jeux gonflables, du canot-kayak, des trampolines, et on fait aussi un camp de jour et des partys corporatifs. C’est un forfait clé en main. La plage pour la famille, certaines journées, on avait 1000 personnes dessus, alors qu’avant, personne n’y allait. Ça va super bien», résume Olivier Primeau.

Preuve en est que quelques noms reluisants s’y sont aventurés, souvent en échange de (plusieurs) coquets dollars, depuis le début de la saison chaude. En plus de miss Jenner, de Bieber – qui s’est décommandé à la dernière minute, la veille, pour des raisons d’ententes non-respectées – et de tous les joueurs de hockey en vue, l’acteur Dan Bilzerian, et des DJs renommés comme Hardwell et Tïesto sont allés s’y pavaner, et ont tous entraîné une horde de spectateurs à leur suite. On assistera à tout ce va-et-vient dans la série Beachclub, de même qu’au brouhaha causé par le lapin posé par Justin Bieber.

«On va avoir au moins un ou deux spectacles comme ça à chaque année, spécifie Olivier. L’an prochain, j’aimerais vraiment faire un spectacle rock, pour changer. On veut aussi avoir d’autres gros noms de la pop. Mais notre base reste vraiment l’électro, pour le moment. Si, dans cinq ans, ça ne fonctionne pas, on pourra faire n’importe quoi d’autre, parce qu’on est ni plus, ni moins qu’une salle de spectacles extérieurs. On a déjà été approchés pour faire des galas de boxe et d’humour. Il n’y as pas de limites.»

Comme à Vegas

L’un des nerfs de la guerre, pour Olivier Primeau et ses troupes, ce sont les réseaux sociaux, outils qui, selon lui, sont à peu près les seuls à pouvoir rejoindre massivement son public-cible, celle des jeunes adultes, mais aussi d’autres tranches de la population. Car, il le martèle et le répète sans cesse, le Beachclub ne s’adresse pas qu’aux douchebags.

«Je n’aime pas que tu dises que c’est une place de douchebags, parce que je n’en suis pas vraiment un, s’esclaffe Olivier Primeau. Mais j’avais la même perception la première fois que je suis allé au Beachclub… Moi, chaque fois que je voyage, je me déplace pour aller dans des endroits comme ça, à Miami, à Vegas. Je me suis demandé pourquoi on n’offrirait pas un produit comme ça au Québec. C’est pour ça qu’on ne l’a pas fait trop chic, non plus. On n’a pas la clientèle pour ça. Partout dans le monde, quand on va dans ce genre d’endroit, ça coûte les yeux de la tête, l’alcool n’est pas achetable, l’atmosphère est cool, mais ça pète plus haut que le trou. Chez nous, tout le monde peut se faire du fun et voir un gros DJ international pour 10$, ou dépenser 5000$ dans une banquette. Tout le monde nous dit que c’est la meilleure place, on a des visiteurs de Vegas ou de San Francisco…»

Et Olivier Primeau ne compte pas s’arrêter là. Les offres pour la télévision s’empilent sur son bureau. Puis, dès l’été 2016, il mettra en branle une sorte de tournée avec L’Oasis, un Beachclub mobile qui se promènera de ville en ville. Plusieurs régions ont déjà démontré de l’intérêt pour accueillir la structure flottante aux dimensions semblables à celle d’une patinoire de hockey, constituée de conteneurs, d’une piscine, de gazon et de palmiers, capable de loger 2000 personnes.

«C’est un peu comme un Cirque du Soleil, mais c’est un bar, indique Olivier. On va vraiment transporter l’expérience Beachclub partout!»

«Mon but, ce serait d’exploiter des Beachclub partout et, pourquoi pas, des hôtels Beachclub», complète le jeune rêveur aux pieds sur terre.

Beachclub, le jeudi, à 18h, à Z, dès aujourd’hui, 27 août. En rediffusion le samedi, à 13h30, le dimanche, à 18h30, et en rattrapage sur ztele.com.

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