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26/08/2015 11:33 EDT | Actualisé 26/08/2016 01:12 EDT

Vingt mois de conflit au Soudan du Sud

Le président sud-soudanais Salva Kiir a finalement signé mercredi, tout en exprimant de "sérieuses réserves", un accord de paix, déjà ratifié par les rebelles, visant à mettre fin à 20 mois de guerre civile au Soudan du Sud.

Les violences, à forte connotation ethnique, ont fait des dizaines de milliers de morts, avec de terribles atrocités contre les civils dans le plus jeune pays du monde, indépendant depuis 2011. Quelque 2,2 millions de personnes ont fui leurs foyers, selon l'ONU.

--2013--

- 15 déc: Intenses combats entre factions rivales de l'armée à Juba. Salva Kiir annonce avoir déjoué une tentative de coup d'État, initiée selon lui par Riek Machar, qu'il avait limogé en juillet.

Le 18 décembre, Riek Machar, qui dès le début du mois avait dénoncé l'attitude "dictatoriale" du président Kiir, nie toute tentative de coup d'État. Le lendemain, il appelle l'armée à renverser Salva Kiir, l'accusant de vouloir "allumer une guerre ethnique".

Les combats vont s'étendre à plusieurs régions du pays.

--2014--

- 10-20 jan: Après Bentiu, capitale de l'État pétrolier d'Unité (nord), l'armée reprend aux rebelles notamment la ville de Bor, dans l'État du Jonglei (est). Kampala reconnaît que des soldats ougandais combattent aux côtés de l'armée sud-soudanaise.

- 27 fév: Human Rights Watch (HRW) rapporte de graves violations des droits de l'Homme, assimilables à des crimes de guerre, par les deux camps.

- 15 et 17 avr: Plus de 350 civils, la plupart réfugiés dans une mosquée, sont massacrés à Bentiu et Bor, selon la mission de l'ONU (Minuss). En mai, l'ONU recentre ses activités sur la protection des civils.

- 2 mai: A Juba, le secrétaire d'État américain John Kerry met en garde contre les risques de "génocide".

--2015--

- 1er fév: Accord intérimaire Kiir/Machar prévoyant notamment un cessez-le-feu --le 7e en un an-- mais rompu quelques jours plus tard.

- 20 mars: Le gouvernement et les rebelles ont intensifié l'enrôlement forcé d'enfants-soldats, selon l'Unicef, qui estime que plus de 12.000 enfants ont été enrôlés comme combattants depuis le début du conflit.

- 24 mars: Le Parlement prolonge le mandat du président Kiir ainsi que la législature jusqu'en 2018. Selon la Constitution, les élections générales devaient être organisées avant le 9 juillet 2015.

- 30 juin: Des militaires ont violé puis brûlé vives des femmes et des filles, accuse l'ONU. Dans un rapport, des enquêteurs de la Minuss mettent en garde contre des "violations des droits de l'Homme généralisées", s'appuyant sur le témoignage de 115 victimes et témoins dans l'État septentrional d'Unité, un des plus touchés par la guerre.

Le camp rebelle a été lui aussi à plusieurs reprises accusé d'atrocités, notamment de viols et de meurtres.

- 1er juil: L'ONU décrète des sanctions contre six chefs militaires, trois côté gouvernemental et trois côté rebelle. Le lendemain, les Etats-Unis décident de sanctions contre deux chefs militaires accusés d'exactions, un de chaque camp.

- 6 juil: L'armée affirme avoir repris aux rebelles le contrôle de Malakal, capitale du l'État pétrolier du Haut-Nil (nord-est), réduite en ruines après avoir plusieurs fois changé de mains depuis le début de la guerre.

- 11 août: Plusieurs chefs rebelles, dont Peter Gadet, chef de guerre frappé par des sanctions de l'ONU, annoncent faire scission, sans se rallier au camp Kiir.

- 17 août: Riek Machar signe à Addis Abeba un accord censé mettre fin au conflit. Malgré les menaces de sanctions internationales, Salva Kiir refuse de le faire et obtient un délai de 15 jours pour "mener des consultations". Le projet d'accord est une "capitulation", affirme le chef négociateur du gouvernement.

Le 18 août, Washington et Londres appellent l'ONU à imposer des sanctions contre le gouvernement.

- 26 août: Salva Kiir signe l'accord de paix tout en exprimant de "sérieuses réserves" sur plusieurs dispositions.

acm/de