POLITIQUE
24/08/2015 01:02 EDT | Actualisé 24/08/2015 11:05 EDT

Élections fédérales 2015 : Pascale Déry, la «madame de la télé» dans Drummond (ENTREVUE)

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Le chef conservateur Stephen Harper est de passage au Québec cette semaine pour y soutenir quelques grosses pointures qu’il souhaite voir à la « table des décisions » à Ottawa.

Après une visite à Réjean Léveillé à Saint-Hyacinthe, il sera aux côtés de l’ancienne journaliste Pascale Déry lundi matin. Le Huffington Post Québec a passé une journée en présence de la candidate vedette que l’on reconnaît aisément à Drummond.

Samedi midi, la chaleur est suffocante au parc Ste-Thérèse de Drummondville où se tient la 7e édition de la compétition de Bateaux-dragons. Qu’importe, Pascale Déry débarque avec mari, enfants et son amie bénévole qui la suivent dans son périple électoral.

Elle serre des mains et donne des cartes à la vitesse de l’éclair. Environ 90 équipes d’un peu partout sont présentes pour la compétition qui se tient sur la rivière Saint-François. Quand les participants ne sont pas du coin, la candidate conservatrice prend soin de les référer à l’un de ses collègues en vue du 19 octobre prochain.

Dans la circonscription emportée par la vague orange en 2011, plus de 50% des électeurs avaient voté pour le député sortant François Choquette. Le Parti conservateur traînait en troisième position avec 15% des voix.

L’arrivée d’un visage connu pourrait changer la donne, d’autant plus qu’elle a quitté la grande ville pour venir s’établir à Drummondville. Les citoyens la voyaient à l’antenne, mais maintenant, ils la voient faire ses courses au Walmart, au Costco, à la pharmacie…

Près de l’eau, deux jeunes hommes ayant une légère déficience intellectuelle arrêtent Pascale Déry. Ils la tutoient.

« Comment ça t’es rendue à Drummond ? » lui demande l’un d’eux.

Elle leur explique qu’elle a quitté TVA pour devenir candidate aux prochaines élections. Qu’elle est là avec son mari et ses deux jeunes enfants. Que Jean-François Guérin, lui, a gardé son emploi et qu’il est rendu à J.E.

De toute façon, lancent les jeunes, Drummond est ben meilleur que Montréal. « Il y a beaucoup d’avantages, effectivement. Il y a surtout zéro trafic ! » répond Pascale Déry, avant d’aller observer la compétition de bateaux-dragons avec ses enfants.

« Ça m’avantage un peu d’être connue – je n’aime pas utiliser le mot "connue" mais les gens me reconnaissent. Au moins, ça ouvre la porte à ces gens-là pour venir me parler, me faire part de leurs préoccupations », estime l’ancienne chef d’antenne.

À force de faire du porte-à-porte, elle reconnaît plusieurs personnes présentes à l’événement. C’est le cas d’un homme en quadriporteur qu’elle a croisé auparavant et qu’elle gronde gentiment parce qu’il ne lui a pas écrit sur Facebook pour qu’elle puisse faire un suivi. Normal, dit-elle, elle ne peut pas se rappeler des doléances de tout le monde.

« Je rencontre les travailleurs et les PME à travers le comté. Je rencontre aussi beaucoup les dirigeants, continue-t-elle. Le cœur de Drummond, c’est vraiment le secteur manufacturier. Il y a beaucoup d’entreprises, beaucoup de travailleurs, beaucoup de familles également. Donc ça rejoint le message conservateur. »

À son avis, l’élection à venir est « cruciale ». Il y a beaucoup d’indécis, ce qui justifie tout le travail à faire sur le terrain, dit Pascale Déry. Elle s’assure d’aller cogner aux portes un peu partout dans la circonscription, à commencer par les petites municipalités, souvent délaissées au profit des grosses villes.

« Certaines personnes me disaient qu’aucun candidat n’était venu cogner à leur porte depuis environ 20 ans », fait remarquer la conservatrice.

Le chef Stephen Harper aux côtés de ses recrues, les ex-journalistes Réjean Léveillé et Pascale Déry, ainsi que le maire de Victoriaville Alain Rayes.

Dans les inaugurations de locaux comme dans les rassemblements partisans, ses collègues des environs lui viennent souvent en aide – et vice-versa. Pascale Déry n’a qu’à prendre le téléphone pour que les candidats vedettes Alain Rayes, Réjean Léveillé ou encore Dominic Therrien se pointent le bout du nez.

« J’ai rarement vu ça. En 2011, pour avoir couvert la campagne comme journaliste, on ne voyait pas cette solidarité-là, se remémore-t-elle. Maintenant, dans le Centre-du-Québec, on est tout le temps ensemble. »

De retour à l’air climatisé dans un centre commercial, l’ancienne journaliste admet avoir eu peur en quittant son emploi à TVA pour tenter sa chance dans le comté de Mont-Royal. Elle constate maintenant qu’elle n’a pas eu qu’une piqûre. L’implication politique lui est rentrée par intraveineuse.

Elle a été défaite par Robert Libman dans sa circonscription d’origine, même après avoir mené une campagne qu’elle qualifie de « solide ». Par la suite, Pascale Déry s’est fait courtiser par quelques associations conservatrices. Son choix s’est arrêté sur Drummond, un comté plus près de ses valeurs.

« Après Mont-Royal, je pensais que j’allais être défaite, dit-elle, sa fille de 22 mois dans les bras. Mais je suis contente parce que j’ai trouvé un comté avec lequel je m’identifie beaucoup plus. Moi je dis toujours que c’est un match parfait entre les gens de Drummond et moi. C’est le mariage parfait jusqu’à présent. »

« Je ne me cherchais pas une job, je ne me cherchais pas une carrière non plus. Je l’avais, j’étais très satisfaite de mon emploi à TVA. Mais je pense que c’était le moment pour moi de faire autre chose, de relever de nouveaux défis, mais surtout de m’exprimer », ajoute-t-elle.

De retour dans la chaleur étouffante de l’extérieur, à l’extérieur du centre commercial de Drummondville, une dame de 91 ans se lève de son quadriporteur et vient se planter devant Pascale Déry. Son ami et elle l’observaient de loin et une question lui brûlait les lèvres.

« Êtes-vous la madame de la télé ? »

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