POLITIQUE
23/08/2015 07:56 EDT

Gérard Deltell: rencontre avec un «vrai bleu» de Québec (VIDÉO)

QUÉBEC - Ex-adéquiste devenu caquiste, Gérard Deltell est un conservateur dans l'âme. Et le candidat de Harper dans Louis-Saint-Laurent est prêt à défendre son chef bec et ongles.

C'est particulièrement évident lorsqu'il attaque le NPD, en avance dans les sondages au Québec et dans la région de la Vieille-Capitale.

Un gouvernement NPD serait «dramatique» au plan financier, lance-t-il. L'élection de Thomas Mulcair à la tête du pays se traduirait par des hausses de taxes et d'impôts afin de financer un État plus gros, croit-il. «Les gens de l'Ontario s'en souviennent encore, dit-il. Ils ont essayé le NPD et ça leur a pris 20 ans à s'en remettre.»

Gérard Deltell met également en doute les convictions idéologiques du chef du NPD. «Il est passé de libéral fédéraliste de droite à NPD, gauchiste, socialiste à cause d'une élection partielle», raille-t-il.

En début de semaine, une vidéo de 2001 a refait surface où on voit Thomas Mulcair vanter les politiques néolibérales de l'ex-première ministre britannique, Margaret Thatcher. Qui est le vrai Tom Mulcair?, demande Gérard Deltell. Celui qui vantait les politiques de Margaret Thatcher ou celui qui est ami avec les syndicats? «À la limite, monsieur Mulcair, c'est un imposteur actuellement», tranche-t-il.

«Les gens qui changent d'idée en cours de route, je n'ai pas de problème avec ça, dit-il. Mais quand l'évolution se fait par l'accident d'une élection partielle... on ne peut pas dire que c'est très noble.»

Harper n'est pas un menteur

Ex-journaliste, Gérard Deltell défend également le premier ministre Stephen Harper, fréquemment accusé de limiter le nombre de questions en conférence de presse. «Dans la mesure où le premier ministre répond vraiment aux questions, moi je n'ai pas de problème avec ça, dit-il. On peut prendre 25 questions et ne jamais répondre à aucune. On peut en prendre cinq et donner des vraies réponses.»

Idem pour l'affaire Duffy. Quand le premier ministre affirme qu'il ne savait pas que Nigel Wright rembourserait les dépenses illégitimes du sénateur suspendu, Gérard Deltell le croit sur parole.

«Monsieur Harper n'est pas un menteur, tranche-t-il, le regard sérieux. Je ne vois pas pourquoi il aurait menti. Il n'a pas menti.»

«Monsieur Harper n'est pas un menteur», répète-t-il.

Un «vrai bleu»

En avril dernier, quand il a quitté son poste de député caquiste pour tenter sa chance avec les conservateurs, Gérard Deltell a déclaré: «Je suis un bleu, un vrai bleu, un vieux bleu. Je retourne à la maison et j'en suis fort heureux». Quelles sont donc les positions de ce candidat «ministrable» sur les enjeux chers aux conservateurs?

Alors qu'il était député provincial, Gérard Deltell a voté pour le transfert au Québec des données du registre des armes d'épaule. Aujourd'hui, il dit pourtant approuver la destruction du registre. C'est qu'il devait à l'époque respecter la ligne de parti de la CAQ, explique-t-il. «En politique, parfois il faut adhérer au consensus. On dit ce qu'on a à dire au caucus et après ça on rejoint le consensus.»

Le député Deltell a également voté en faveur du projet de loi «Mourir dans la dignité», qui vise à fournir une aide médicale à mourir aux patients en phase terminale. Il maintient sa position, bien que plusieurs militants et députés conservateurs s'opposent à l'aide médicale à mourir.

«C'est un sujet qui est très délicat et très personnel. Mais la façon dont ça a été présenté au Québec, la loi qui a été adoptée, pour laquelle j'ai eu à voter, personnellement, j'étais en accord», dit le candidat conservateur. Il estime que les balises proposées permettront d'éviter «toutes dérives inacceptables et condamnables».

Sur le droit à l'avortement, remis en question par certains militants conservateurs, Gérard Deltell est inflexible. «Moi, c'est la liberté de choix», lance-t-il sans détour.

Finalement, il se fait plus évasif sur Radio-Canada, la bête noire des conservateurs. En février dernier, Stephen Harper affirmait que plusieurs employés du diffuseur public «détestent» les valeurs conservatrices.

Gérard Deltell estime que tous les premiers ministres depuis Diefenbaker ont eu maille à partir avec la société d'État. «Monsieur Harper a dit tout haut ce que bien des politiciens, tous partis confondus, peuvent penser», dit-il.

Mais lui, ex-journaliste à Radio-Canada, croit-il que le diffuseur a un biais anticonservateur? «Je regarde la télé comme tout le monde, je vois la télé comme tout le monde, dit-il. J'invite tout le monde à écouter la télé et on s'en reparlera dans deux jours».

Donc, vous refusez de répondre à la question? Il sort son plus beau sourire: «Ce n'est pas ça que j'ai dit».

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