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21/08/2015 16:33 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

USA: des anciennes de l'armée fières des femmes Ranger, leurs héritières

Des femmes qui ont ouvert dans les années 1980 une voie décisive dans la féminisation de l'armée américaine sont venues saluer vendredi à Fort Benning (Georgie) leurs héritières, premières à décrocher le prestigieux insigne de Ranger.

Les premières femmes diplômées de West Point, la prestigieuse académie militaire américaine, sont venues par dizaines assister à un évènement pour elles "historique", qui leur rappelle leur propre parcours d'éclaireuse.

"Je me sens immensément fière" du chemin accompli par les femmes dans l'institution militaire, a expliqué Sue Felton, une quinquagénaire sortie de West Point en 1980, dans la première promotion acceptant les femmes.

Le fait que des femmes ait le droit de devenir Ranger, combattant d'élite de l'armée de terre, "est une réussite pour toute l'armée", a-t-elle estimé.

"J'aurais bien aimé faire la formation de Ranger, mais je n'ai pas eu le droit", a regretté de son côté Lilian Pfluke, elle aussi sortie de West Point au début des années 1980.

"Tous les hauts gradés de l'armée de terre portent l'insigne de la Ranger school", a-t-elle relevé.

Selon l'US Army, 17% de ses colonels et généraux sont détenteurs de la qualification. Seuls 3% des membres de l'armée de terre ont obtenu cet insigne prestigieux, un petit bout d'étoffe noir et or.

Beverley Rouse, diplômée de West Point en 1984 affichant 29 ans de carrière dont une partie en Irak, a rappelé que des femmes se trouvaient déjà à des postes dangereux, en contact avec l'ennemi.

Il faut "donner aux femmes la même opportunité de se préparer (au combat) qu'aux hommes", a-t-elle souligné.

- Physique et moral d'acier -

Dix-neuf femmes avaient entamé pour la première fois en avril dernier la formation de Ranger, extraordinairement exigeante et réservée aux militaires dotés d'un physique et d'un moral d'acier. Deux sont parvenues jusqu'au bout, et une troisième est toujours en lice.

Cette ouverture --qui doit se répéter pour une nouvelle promotion en novembre-- était une expérience dans le cadre des réflexions menées par le Pentagone sur l'ouverture des postes de combat aux femmes.

Accepter les femmes à la Ranger school, gardienne des valeurs du combattant d'élite, c'est montrer que les femmes sont "complètement acceptées au coeur même de la culture de l'organisation", a souligné Lilian Pfluke.

Le nouveau chef d'état-major de l'armée de terre américaine, le général Mark Milley, avait fait le déplacement pour cette cérémonie exceptionnelle, mais n'a pas fait de déclaration publique.

C'est le général Austin Miller, commandant du centre de formation dont dépend l'école des Rangers, qui s'est chargé de répondre à tous ceux qui, y compris dans la communauté Ranger, estiment que le niveau d'exigence va baisser, du fait de l'arrivée des femmes.

"Une course de 8 kilomètres reste une course de 8 kilomètres (...) et nous n'avons pas changé les temps de référence", a-t-il affirmé.

"Je n'ai eu aucune pression des autorités supérieures" pour diplômer des femmes, a-t-il ajouté, avant de rappeler ce qu'un général avait dit à sa propre remise de diplôme, en 1985.

"Si vous rencontrez des gens qui pensent que les exigences ont baissé, dites-leur qu'ils sont invités dès aujourd'hui à revalider leur insigne" en refaisant la formation, a-t-il dit.

Tout sourire, Kristen Griest (26 ans) et Shaye Haver (25 ans) ont rejoint les anciennes de West Point dans les tribunes après avoir reçu leur insigne, pour une série de photos avec leurs ainées, sous les hourras et bravos.

lby/elm