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21/08/2015 16:46 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Un homme armé fait deux blessés avant d'être maîtrisé dans un train Amsterdam-Paris: "attaque terroriste" selon la Belgique

Un homme armé a ouvert le feu vendredi dans un train entre Amsterdam et Paris, faisant deux blessés, avant d'être maîtrisé par des passagers américains, des faits qualifiés d'"attaque terroriste" par le Premier ministre belge.

La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé qu'elle se saisissait de l'enquête "au vu de l'armement utilisé, du déroulé des faits et du contexte" tandis que le Premier ministre belge Charles Michel a qualifié d'"attaque terroriste" les tirs survenus peu avant 16H00 GMT lorsque le train Thalys était sur le territoire belge.

Le train a été immobilisé en gare d'Arras, dans le nord de la France, où le tireur a été arrêté.

Une source policière française a indiqué que le suspect, si son identité était confirmée, faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements. Selon les tout premiers éléments de l'enquête, il serait Marocain ou d'origine marocaine et âgé de 26 ans.

"Nous avons deux blessés, mais aucun pronostic vital engagé. Une personne a été blessée par balle et une par arme blanche", a déclaré Fabienne Buccio, préfète de la région (représentante de l'Etat), à la radio France info.

Selon une source proche du dossier, l'homme blessé par balle a été héliporté à l'hôpital de Lille (nord) tandis que la deuxième victime a été blessée par un coup de cutter au niveau du coude, et porte une plaie superficielle. Souffrant également d'une fracture au doigt, ce blessé a été hospitalisé à Arras.

L'acteur français Jean-Hugues Anglade, présent dans le train, souffre quant à lui de contusions à une main, et devait quitter l'hôpital d'Arras dans la soirée.

L'auteur des tirs a été maîtrisé par deux militaires américains qui l'auraient entendu recharger une arme dans les toilettes, selon les tout premiers éléments de l'enquête. Il était en possession d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter, selon une source policière.

Cet homme a été interpellé et placé en garde à vue.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé "la violence barbare d'un passager", précisant que l'un des blessés était un des passagers ayant maîtrisé l'agresseur, lors d'un point de presse à Arras.

- ' Il se passe quelque chose ' -

François Hollande a annoncé avoir appelé le Premier ministre belge Charles Michel pour convenir avec lui de "coopérer étroitement" dans l'enquête, a indiqué un communiqué de l'Elysée.

"Les voyageurs sont en sécurité, la situation est maîtrisée. Le train est à l'arrêt et les services d'urgence sont sur place" a twitté Thalys, filiale de la SNCF (chemins de fer français), de son homologue belge SNCB et de l'Allemand Deutsche Bahn.

Le porte-parole de la SNCF, Christophe Piednoël, a précisé que la SNCF avait mis en place une prise en charge psychologique.

En début de soirée, de 150 à 200 passagers se trouvaient sur le parvis de la gare d'Arras, avec leurs valises, en présence d'un grand nombre de policiers, d'un véhicule du SAMU et de pompiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous étions dans le train et nous avons senti qu'il ralentissait peu avant Arras. Trente minutes plus tard, il s'est arrêté totalement. Une fois en gare, on est resté 15 minutes bloqué. Ensuite, il y a eu un message dans le train nous disant qu'une intervention de la police était en cours. On est sorti du Thalys et on a vu des blessés sur le quai", ont témoigné à l'AFP Maxime Vialat, et Charlotte Bosse, 20 ans.

Un passager du Thalys où se sont produits les faits, Patrick Arrès, 51 ans, a dit avoir "vu quatre-cinq personnes de la SNCF, planquées derrière le talus, en train de pleurer. On s'est dit: +il se passe quelque chose+. Puis le Thalys s'est arrêté plus loin, à Arras".

A la gare d'Arras, "on a vu aussi trois-quatre policiers avec des flingues, très menaçants, qui passaient devant toutes les rames. Ils cherchaient quelqu'un, les gens avaient peur", a-t-il dit.

Depuis les attentats du 7 janvier qui ont visé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et le supermarché parisien Hyper Casher, faisant 17 morts, un plan de lutte antiterroriste a été mis en place dans tous les lieux publics et considérés comme sensibles.

Plusieurs attentats ont depuis janvier été déjoués sur le territoire français, selon les autorités, dont une attaque visant une église près de Paris au printemps et un projet d'attaque contre un site militaire dans le sud de la France.

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