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21/08/2015 16:25 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Scandale Petrobras : le président de l'Assemblée refuse de quitter son poste

Le président de la Chambre des députés du Brésil, Eduardo Cunha, a assuré vendredi qu'il ne renoncerait pas à son poste au lendemain d'une demande de mise en examen pour corruption dans le scandale Petrobras.

"Renoncer est un acte unilatéral, chacun a le droit de le faire ou non. Mais +renoncer+ est un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire. Il n'en fera pas partie, tout comme +lâcheté+ non plus", a assuré le parlementaire lors d'un événement avec des syndicalistes à São Paulo où il a été reçu en héros.

"Je suis absolument innocent, il n'y a rien contre moi", a affirmé M. Cunha, 57 ans, membre du PMDB, un parti centriste essentiel pour la survie de la coalition au pouvoir.

Le parquet brésilien a réclamé jeudi soir à la Cour suprême la mise en examen de M. Cunha pour avoir perçu des pots-de-vin d'au moins cinq millions de dollars pour permettre la construction de deux navires sonde pour Petrobras, entre juin 2006 et octobre 2012.

La justice a aussi requis la mise en examen du sénateur et ancien président de la république Fernando Collor, démissionnaire en 1992.

Il s'agit des premières demandes de mises en examen visant des parlementaires dans ce dossier aux multiples ramifications.

Bénéficiant d'une immunité parlementaire, les élus ne peuvent être jugés que par la Cour suprême. La Cour doit maintenant dire si elle accepte les mises en examen.

M. Cunha, évangélique conservateur qui a bouleversé l'agenda politique du gouvernement depuis qu'il est arrivé à la tête de l'Assemblée nationale, a rapidement fait parler de lui en se comportant à l'Assemblée comme le principal ennemi politique de Mme Rousseff.

Il a compliqué le vote d'une série de mesures d'ajustement budgétaires proposées par le gouvernement pour tenter de relancer la croissance. Les syndicats et certains organisations de gauche critiquent ces mesures d'austérité prises par la présidente Dilma Rousseff.

En revanche, M. Cunha a ressorti des tiroirs des mesures conservatrices comme la réduction de l'âge de la majorité pénale, qu'il veut faire voter au Parlement.

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