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21/08/2015 19:45 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Mise en échec: La Ligue préparatoire scolaire claque la porte de Hockey Québec

MONTRÉAL — L'association entre la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS) et Hockey Québec n'aura finalement duré qu'un peu plus d'un an.

Des divergences par rapport à la réglementation entourant l'application de la mise en échec ont mené les dirigeants de la LHPS à informer Hockey Québec, vendredi, qu'ils mettaient un terme à l'entente paraphée au mois de mars 2014.

L'accord entre les deux parties prévoyait notamment que les joueurs auraient le libre choix de la structure dans laquelle ils évolueraient. Or, cette condition n'était plus respectée en raison de la nouvelle réglementation qu'a voulu imposer la fédération, selon le directeur général de la LHPS, Martin Lavallée.

Au mois de mars 2015, Hockey Québec a annoncé que la mise en échec corporelle ne serait plus permise aux niveaux bantam CC et midget BB. Cette décision impliquait aussi la restriction de la mise en échec pour les ligues scolaires, comme la LHPS et la ligue du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).

Ainsi, un joueur âgé de 13 ou 14 ans évoluant dans la catégorie M-15 majeur de la LHPS aurait été limité au «contact physique», tandis qu'un joueur du même âge de niveau bantam AA ou bantam AAA de la structure intégrée de Hockey Québec aurait pu appliquer la mise en échec.

«La LHPS offre la possibilité à un jeune qui veut pratiquer le hockey au niveau élite en privilégiant l'éducation, en choisissant notamment son école, ce qui n'est pas toujours le cas, a expliqué Lavallée. La nouvelle réglementation tend à amener le niveau élite seulement au sein de la structure intégrée au détriment du reste.»

De son côté, Hockey Québec est convaincu d'avoir pris la bonne décision en demandant aux ligues scolaires de restreindre la mise en échec à certains niveaux, même s'il reconnaît que les équipes scolaires comptent parmi elles des joueurs élites.

«Dans les groupes scolaires, ils ont des joueurs de niveau simple lettre et d'autres de niveau double lettre, a fait valoir le directeur général de Hockey Québec, Sylvain Lalonde. Ce n'est pas homogène. À partir de ce moment-là, on ne peut pas comparer du hockey AAA ou AA au niveau scolaire.

«Les jeunes adhèrent au programme de hockey scolaire tandis qu'ils sont sélectionnés selon leurs habiletés dans la structure intégrée.»

La fin de l'entente signifie que la LHPS pourra mettre en oeuvre son programme de développement en permettant la mise en échec au niveau M-15 majeur, alors qu'elle demeurera restreinte au niveau M-15 mineur. De cette manière, Lavallée estime que les jeunes hockeyeurs du réseau scolaire pourront se développer autant que les joueurs civils, et ce dans un environnement aussi sécuritaire.

Notons que la LHPS compte déjà sur un protocole concernant les commotions cérébrales et oblige la présence de professionnels de la santé à chacune des rencontres des 54 équipes de la Ligue, ce qui n'est pas le cas chez Hockey Québec.

«Le fait d'éliminer la mise en échec ne favorise pas le développement des jeunes, croit Lavallée. On est bien conscient que l'aspect de la sécurité doit prédominer dans tout ça, mais au chapitre du développement et de l'opportunité d'un jeune d'accéder à un niveau supérieur, ça vient freiner l'élan.»

Cette décision pourrait avoir des échos au niveau gouvernemental dans les prochaines semaines puisque, théoriquement, seule la fédération a le mandat de la mise en place de la réglementation et de la régie du hockey au Québec.

«La LHPS avait des avantages et elle aurait encore des avantages à demeurer au sein de Hockey Québec, a lancé Lalonde, qui croit que le dossier n'est pas clos. Dans un contexte scolaire, je crois qu'on doit être encore plus vigilants sur la notion de sécurité.»

Guillaume Lepage, La Presse Canadienne