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FMD 2015: entretien avec Marc-Antoine Coulon, artiste illustrateur de mode génial!

Cette croyance qui dit « les plus grands sont les plus humbles et les plus touchants » n’est pas galvaudée dans le cas de Marc-Antoine Coulon, artiste/illustrateur parisien de génie. Entretien avec un homme passionnant qui participe au regain de l’illustration de mode même dans notre monde de web.

La voix se fait douce, feutrée, et instantanément émouvante. Il en émane une sensibilité, celle dont sont pétris les grands. Marc-Antoine sort de sa conférence dans le cadre du Festival Mode et Design tenu par Stéphane Le Duc. Il se sent soulagé, lui qui n’aime pas spécialement s’exprimer en public. « Ça s’est bien passé! », confie l’illustrateur.

Photo: Marc-Antoine Coulon

Comment es-tu devenu illustrateur?

« Petit, je rêvais en toute modestie de devenir le nouveau René Gruau ( l’illustrateur français né en 1909, un monstre sacré)! (rires) J’étais passionné par ses illustrations qui me transportaient. Dans les faits, j’ai commencé par dessiner des pochettes de disques notamment pour Sony musique et pour ces chanteuses qui me fascinaient! Quand j’ai une émotion forte, j’ai besoin de me l’approprier. Il y avait aussi les affiches de cinéma ».

Et la mode?

« J'avais réalisé un portrait de l’ancien top modèle et actuelle directrice de la haute couture chez Dolce Gabbana qui a été publié dans le magazine italien AMICA. 6 mois après, la maison Carita (célèbre marque de produits pour les cheveux) m’a proposé de réaliser une exposition à Paris qui a voyagé ensuite à New York. Dans mon idée, un dessin est sanctifié s’il est publié dans un magazine, pas des œuvres originales exposées! »

Qui vous a ensuite publié?

« La presse en ligne. Et c’est assez logique quand on y réfléchit. Publier des illustrations, c’est apporter une touche humaine dans un monde assez froid et déshumanisé. C’est seulement par la suite que la presse écrite est venue. Je dois notamment beaucoup à Inès de la Fressange qui m’a fait publier dans le Vogue français : 32 illustrations ».

Ton travail fait le focus sur la mode, les portraits et bien sûr la féminité.

« La mode et les portraits, cela va ensemble. J’associe l’humain aux vêtements. Et selon l’occasion, je mets l’accent sur l’un ou sur l’autre. Quant à la féminité, le fantasme de tout homme n’est-il pas de glisser dans la salle de bain d’une femme et l’observer se maquiller. À ce moment-là, elle ne cherche pas à se plaire. Elle est dans la méthode, le rituel, les mimiques pour s’assurer que tout est parfait. C’est du pur jus de concentré de féminité. Effleurer ce mystère est magnifique! »

As-tu une icône?

« Inès de la Fressange : cette nonchalance qu’elle a, cette façon de connaître le luxe sans que ça ait l’air grave. «

Quelle vision as-tu des femmes québécoises?

« Il y a une ligne qui semble se dégager, je ne suis que de passage, c’est comme Montréal d’ailleurs : un subtil mix inédit entre les États-Unis et l’Europe, Paris et New- York ».

Comment expliques-tu le regain de l’illustration de mode dernièrement?

« Fin des années 80-90, on avait envie de photos, de grain de peau en France. Et finalement les photographes devenaient plus stars que les modèles. On est arrivé au bout d’un système. Et avec l’avènement du virtuel, on a commencé à vouloir une touche plus humaine. La mode d’ailleurs commence toujours ou presque par un croquis. Il y a un vrai cousinage entre la mode et l’art. Tout cela est en fait très logique ».

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