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21/08/2015 00:45 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Les deux femmes Rangers espèrent avoir montré que le combat n'a pas de genre

Des femmes peut-être, mais des Rangers avant tout: les deux premières Américaines à avoir réussi cette très élitiste formation militaire espèrent avoir démontré que le combat n'a pas de genre.

"La décision d'ouvrir aux femmes les unités de combat appartient aux chefs militaires", a expliqué la brune Kristen Griest, un capitaine de 26 ans qui rêve de faire partie des forces spéciales.

"Mais j'espère que nous avons été capables d'influencer cette décision" en montrant "ce qu'ils peuvent attendre des femmes militaires", a-t-elle dit dans une conférence de presse à Fort Benning, où se trouve l'école de formation des Ranger. "Nous pouvons gérer les choses physiquement et mentalement au même niveau que les hommes"

Kristen Griest et sa camarade Shaye Haver, la tête encore presque totalement rasée comme tous les stagiaires de l'école, seront vendredi les deux premières femmes à recevoir à Fort Benning le prestigieux insigne de Ranger, avec 94 hommes de la promotion.

Le capitaine Griest a indiqué qu'elle n'avait jamais vraiment songé à abandonner, même dans les pires moments de cette formation qui pour elle et Shaye Haver a duré quatre mois.

Avec 20 heures d'entraînement par jour, devant porter jusqu'à 41 kilos de matériel et d'armes, "j'ai vraiment eu des moments difficiles, particulièrement dans les marais de Floride. Mais je n'ai jamais pensé (...) qu'il fallait que je quitte" la formation, a-t-elle dit.

"Il y a toujours un moment ou vous êtes touchée" mais "le fait de voir que mes pairs (masculins) souffraient tout autant que moi m'a fait continuer", a dit de son côté Shayle Haver, 25 ans.

- Les mêmes épreuves -

Autour d'elles, des camarade de promotion ont témoigné que pendant ces semaines exténuantes, les deux jeunes femmes s'étaient comportées exactement comme les autres, réussissant les mêmes épreuves et partageant la même solidarité d'arme.

Le lieutenant Michael Janowski doutait des capacités de ses camarades femmes. Il a changé d'avis quand Shaye Haver l'a aidé alors qu'il peinait pendant une marche en montagne.

"J'avais du mal, j'ai demandé si quelqu'un pouvait prendre un peu de la charge que je portais. C'est Shaye qui m'a soulagé. Je n'ai plus été sceptique à partir de ce moment là..." a-t-il témoigné.

"Quand vous êtes dehors sur le terrain, que vous êtes fatigués, affamés, que vous vous sentez misérables, vous ne pensez pas au genre", a dit pour sa part le lieutenant Anthony Rombold.

"La plupart du temps, vous ne pouviez pas faire la différence entre les hommes et les femmes", a ajouté le colonel David Fivecoat, commandant de la Ranger school.

Les femmes qui ont réussi à se qualifier ont subi exactement les mêmes épreuves que les hommes, a martelé ce dernier. Même discours chez le général Miller, qui commande le centre d'entraînement militaire dont fait partie la Ranger school.

Après l'annonce de l'ouverture expérimentale aux femmes, les chefs de l'école ont pris soin d'expliquer à tous les instructeurs de la Ranger school qu'il n'était pas question d'abaisser ces normes, a expliqué le général Miller.

Car lorsque l'armée américaine a annoncé l'année dernière l'ouverture expérimentale de la Ranger school aux femmes, beaucoup ont redouté un abaissement des standards de la formation et une perte de prestige et d'efficacité des Rangers.

Le Pentagone a décidé qu'une nouvelle promotion serait ouverte aux femmes à partir de novembre prochain. Il s'agit notamment de vérifier l'attrait qu'ont les femmes militaires pour ce type de formation, a-t-il souligné.

Le fait que des femmes réussissent des formations d'élite signifie-t-il que des troupes d'élites comme les forces spéciales doivent leur être ouvertes? Le général Miller n'a pas voulu répondre, estimant qu'il fallait laisser le temps aux responsables du ministère américain de la Défense de trancher.

Mais la "Ranger school vous prépare à aller n'importe où", a-t-il tout de même glissé.

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