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21/08/2015 16:29 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Les craintes mondiales rattrapent le Dow Jones, qui chute encore à son plus bas de 2015

Le Dow Jones est tombé vendredi à son plus bas niveau de l'année à Wall Street, chutant de plus de 3%, soit plus de 500 points, face aux craintes pour l'économie mondiale.

L'indice vedette Dow Jones Industrial Average a enregistré son pire déclin en une séance depuis presque quatre ans en perdant 3,12%, soit 530,94 points, à 16.459,75 points, selon des résultats définitifs. Il n'était pas tombé à ce niveau en clôture depuis octobre 2014.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a encore plus lourdement baissé, de 3,52%, soit 171,45 points, à 4.706,04 points.

Particulièrement surveillé par les investisseurs, l'indice élargi S&P 500 a abandonné 3,19%, soit 64,84 points, à 1.970,89 points.

"Il faut attacher sa ceinture", a reconnu David Levy, de Kenjol Capital Management. "Le sentiment général prend une tournure très négative, et on n'a nulle part où se réfugier."

Les principaux indices avaient déjà perdu plus de 2% la veille, et plusieurs analystes estiment que Wall Street, où les valorisations des entreprises sont jugées élevées par rapport à leurs bénéfices réels, est en train d'effectuer un véritable rééquilibrage en baisse, redouté de longue date.

"C'est normal que le marché se rééquilibre et on s'y attend, d'autant qu'il ne l'avait pas fait de façon conséquente depuis des années, mais c'est extrême aujourd'hui", a jugé M. Levy.

Après plusieurs coups de semonce depuis le début de l'été, Wall Street semble vraiment rattrapée par les inquiétudes sur la Chine, deuxième économie mondiale après les Etats-Unis. La Bourse de Shanghai a baissé de plus de 30% depuis la fin juin, et a encore chuté vendredi, après l'annonce d'une activité manufacturière à son plus bas niveau depuis six ans.

Les craintes à l'égard de la Chine et plus largement de l'économie mondiale relancent les inquiétudes relatives à une normalisation trop précoce de la politique monétaire de la Fed, qui maintient ses taux à un niveau presque nul depuis la fin 2008.

"Je ne sais pas si c'est la perspective d'un resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed) ou tout simplement le ralentissement de l'économie mondiale", mais "les investisseurs tentent de moins s'exposer au risque, car les marchés financiers sont allés très haut par rapport à l'économie réelle", a résumé Jack Ablin, de BMO Private Bank.

Dans ce contexte, la chute de Wall Street a particulièrement frappé plusieurs titres qui avaient bondi au premier semestre et dont les investisseurs semblaient désormais remettre en cause le potentiel de hausse: le groupe informatique Apple et le service de vidéo en ligne Netflix ont ainsi vu leurs actions chuter lourdement.

"On va voir ce qui se passe la semaine prochaine, mais cette semaine a manifestement fait de vrais dégâts dans le sentiment du marché", a conclu Michael James, de Wedbush Securities.

Considéré comme un refuge, le marché obligataire avançait légèrement. Vers 20H20 GMT, le rendement des bons du Trésor à dix ans baissait à 2,047% contre 2,070% jeudi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,737% contre 2,743% la veille.

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