POLITIQUE
21/08/2015 06:58 EDT | Actualisé 21/08/2015 06:59 EDT

Les commentaires antisyndicaux de Mulcair en 1994 ne plaisent pas au président de la FTQ, Daniel Boyer (VIDÉO)

Bien qu’il appelle ses quelque 600 000 membres à voter contre les conservateurs, le président de la FTQ Daniel Boyer s’est montré quelque peu hostile aux commentaires antisyndicaux de Thomas Mulcair en 1994, révélés dans Le Devoir vendredi.

« Si c’est encore son opinion, c’est sûr que ça dérange, oui », a répondu Boyer en entrevue avec Le Huffington Post Québec.

Alors jeune député libéral, Thomas Mulcair avait accusé les péquistes en 1994 d’avoir « joué directement dans les règles de la démocratie » lors de la dernière campagne électorale.

Il sous-entendait alors que le Parti québécois avait bénéficié de l’appui des grandes organisations syndicales québécoises afin de se faire réélire en septembre 1994.

« Ce qui est très clair, c’est qu’on est en train de renvoyer l’ascenseur aux grandes centrales syndicales qui ont livré la marchandise », avait-il ajouté dans un offensive visant la ministre péquiste de l’Emploi, Louise Harel.

Pourtant, c'est précisément ce que fait la FTQ en s'immisçant dans la campagne électorale au fédéral.

«‎ En matière de défense des droits des travailleurs, le bilan du NPD et de Tom Mulcair parle de lui-même, a répliqué le porte-parole du NPD, Karl Bélanger. Il faut ‎que nos adversaires soient complètement désemparés et désespérés pour déformer des propos vieux de 21 ans. »

Tirs groupés contre Harper

Daniel Boyer explique que la FTQ n’appuie pas un parti en particulier. L’important, dit-il, est de déloger le gouvernement Harper, qui est « anti-chômeurs, anti-syndicats, anti-classe moyenne et anti-Québec ».

« Écoutez, c’est un bilan catastrophique qui nous met en beau fusil ! »

Les membres appuieront le candidat qui a le plus de chances de faire perdre des candidats conservateurs dans des circonscriptions ciblées pendant la campagne. Le choix du chef importe peu à son avis.

« On n’a jamais été près des valeurs du Parti libéral du Canada, donne-t-il en exemple. Ce n’est pas parce qu’on appuierait le candidat qu’on adhère à leur programme. »

Les sondages donnent une large avance au NPD, alors le syndicat appuiera les candidats néodémocrates au Québec de façon générale.

Le président déplore que le quart des membres de la FTQ – donc encore 150 000 personnes – votent pour le parti de Stephen Harper et espère qu’ils changeront d’idée d’ici le 19 octobre.

Évidemment, il ne peut pas s’en assurer. « On ne sera pas dans l’isoloir avec eux », blague Daniel Boyer.

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