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21/08/2015 16:01 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Le Nigeria limoge le chef de l'immigration pour un visa accordé à un cheikh recherché

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a limogé vendredi le chef de l'immigration et ses bureaux font l'objet d'une enquête après la découverte de la délivrance d'un visa à un cheikh radical sunnite, en fuite depuis deux ans et recherché pour son implication dans des combats sanglants contre l'armée libanaise.

Ahmad al-Assir a été arrêté samedi à l'aéroport de Beyrouth alors qu'il tentait d'embarquer à bord d'un avion pour le Nigeria via Le Caire en utilisant un faux passeport palestinien avec un visa nigérian en bonne et due forme.

"Le contrôleur général des services d'immigration du Nigeria, M. David Shikfu Parradang, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat", écrit le ministère de l'Intérieur du Nigeria dans un communiqué.

Aucune raison n'a été donnée pour cette décision, mais les informations selon lesquelles le prédicateur radical sunnite a été autorisé à se rendre au Nigeria ont provoqué la colère au Nigeria, faisant la Une de la presse.

Le gouvernement nigérian a ouvert une enquête en début de semaine, mais il n'a pas été établi si M. Parradang était personnellement responsable dans cette affaire.

Assir était en fuite depuis juin 2013. Il a combattu avec des sympathisants contre l'armée près de la ville de Sidon, dans le sud du Liban.

En 2014, la justice libanaise avait requis la peine de mort contre Ahmad al-Assir et 53 autres personnes pour des affrontements sanglants contre l'armée libanaise qui avaient tué 18 soldats et 11 hommes armés à l'été 2013 dans une banlieue de Saïda, dans le sud du pays.

Ils ont été accusés "d'avoir formé des groupes armés qui ont attaqué une institution de l'Etat, l'armée, d'avoir tué des officiers et des soldats et d'avoir été en possession de matières explosives et d'armes légères et lourdes utilisées contre l'armée".

Parfait inconnu avant le début en 2011 du conflit en Syrie, ce cheikh radical natif de Saïda doit sa notoriété à ses diatribes véhémentes, tant contre le régime de Damas et le Hezbollah que contre l'armée libanaise qu'il accuse d'inaction face à l'implication en Syrie du mouvement chiite libanais, soutenu par l'Iran.

Ahmad al-Assir était devenu un phénomène médiatique dans un pays profondément divisé entre partisans et opposants du régime syrien, ancienne puissance tutélaire du Liban. Il cultivait alors un discours sectaire, virulent et souvent cru.

Depuis qu'il est en fuite, le cheikh a diffusé plusieurs enregistrements audio et tweeté de nouvelles critiques contre le Hezbollah, l'Iran mais aussi l'armée libanaise. Le conflit syrien a exacerbé les tensions entre sunnites et chiites au Liban, les premiers étant partisans de la rébellion et les autres appuyant le régime de Bachar al-Assad.

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