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21/08/2015 16:00 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Le baril de pétrole sous les 40 $ US pour la première fois depuis la crise

NEW YORK — Un baril de pétrole américain s'est transigé vendredi sous le seuil des 40 $ US pour la première fois depuis la fin de la dernière crise économique mondiale.

Cette glissade, à 39,86 $ US, est le plus récent indicateur qui démontre à quel point le paysage énergétique s'est transformé au cours de la dernière année. En après-midi, le prix du baril a timidement remonté pour clôturer à 40,45 $ US, en baisse de 87 cents. Il s'agit d'un creux depuis le 3 mars 2009.

Les cours du brut dégringolent depuis huit semaines consécutives, soit la plus longue séquence du genre depuis 1986. Depuis qu'il a touché son sommet de l'année, à 61,43 $ US, le prix du baril d'or noir a reculé de 34 pour cent. La chute est de 62 pour cent lorsqu'on le compare à son sommet de 107,26 $ US l'an dernier.

Le boom de la production de pétrole a surpassé la demande mondiale. Les États-Unis sont en mesure de remplir les barils à un rythme qui n'a pas été vu depuis des décennies. Entre-temps, en dépit de la glissade des prix, l'Arabie saoudite ainsi que les autres pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) n'ont pas abaissé leur rythme de production.

Pour la période de quatre semaines terminée le 4 août dernier, la production quotidienne américaine a atteint 9,4 millions de barils, en hausse de 11 pour cent comparativement à même période l'an dernier, selon des données publiées cette semaine par le département américain de l'Énergie. Le nombre de barils entreposés a atteint un sommet en 80 ans.

Du côté de l'OPEP, la production quotidienne moyenne au mois de juillet s'est établie à 31,5 millions de barils de brut, un sommet en trois ans.

La pression à la baisse sur les prix de l'or noir est par ailleurs accompagnée de données préoccupantes émanant de la Chine suggérant que la deuxième économie en importance au monde commence à montrer des signes d'essoufflement. Les rapports publiés vendredi confirmant la contraction du secteur manufacturier chinois ont, pour une deuxième journée de suite, eu des répercussions négatives sur les places boursières à travers le monde.

Les plus importants producteurs de pétrole sont aux prises avec une dégringolade des prix en raison du pessimisme à l'endroit de la Chine et des autres économies, qui, contrairement aux États-Unis, n'ont pas été en mesure de se relever de la dernière récession mondiale.

Presque toutes les grandes sociétés pétrolières comme Exxon Mobil et BP ont décidé de réduire leurs dépenses et de suspendre des projets d'exploration. Au cours de la dernière année, l'action de Chevron a notamment perdu près de 40 pour cent, alors que le titre d'Exxon a plongé de 26 pour cent.

Les entreprises du secteur de l'énergie représentent environ sept pour cent de la valeur du S&P 500. Si l'indice a reculé de trois pour cent depuis le début de l'année, le secteur énergétique a reculé d'environ 20 pour cent.

The Associated Press