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21/08/2015 16:57 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

La Cicig, commission anti-impunité de l'ONU qui fait le ménage au Guatemala

A l'origine de la révélation de plusieurs scandales de corruption au Guatemala, dont celui touchant directement le président Otto Pérez, se trouve la Commission internationale contre l'impunité (Cicig), une mission spéciale des Nations unies unique au monde.

Installée fin 2006, la Cicig enquête aux côtés des autorités locales sur toutes sortes d'affaires sensibles, de la corruption à la collusion entre politiques ou fonctionnaires et organisations criminelles.

La Commission a pour objectif de "soutenir, renforcer et aider" les institutions publiques à faire le ménage dans leurs diverses structures, souvent infiltrées par le crime organisé, faisant de ce pays de 15,5 millions d'habitant un paradis de l'impunité.

Elle est aujourd'hui dirigée par l'ancien magistrat colombien Ivan Velasquez, qualifié de "héros" par des Guatémaltèques soulagés de voir aboutir des enquêtes incriminant des hauts responsables impliqués dans des scandales de corruption.

Le travail de la Commission est d'ailleurs soutenu par 87% de la population, selon un sondage publié mi-août.

Indépendante du gouvernement "du point de vue politique, organisationnel et financier", la Cicig compte 150 employés, dont la moitié d'étrangers, et fonctionne sur des fonds provenant de la coopération internationale.

La fraude mise au jour au sein de l'administration fiscale, qui a conduit depuis mi-avril au placement en détention de nombreux hauts fonctionnaires et à la démission de la vice-présidente, constitue son principal fait d'armes.

Dans la foulée, une autre affaire de corruption au détriment de la Sécurité sociale a mené derrière les barreaux son président, un proche du président conservateur Otto Pérez.

En juillet, le gendre de M. Pérez, secrétaire général de la présidence, a été arrêté sous l'accusation de trafic d'influence.

Des membres d'un autre parti de droite, dont le candidat à la vice-présidence du ticket favori des sondages pour l'élection présidentielle du 6 septembre, ont aussi été mis en cause dans diverses affaires financières.

Au cours de ses huit années d'existence, la Cicig a également permis l'arrestation de l'ancien président Alfonso Portillo (2000-2004), condamné aux Etats-Unis pour détournement de fonds publics.

Elle a aussi permis de faire la lumière sur le meurtre de l'avocat Rodrigo Rosenberg, le 10 mai 2009, quelques jours après avoir enregistré une vidéo dans laquelle il accusait l'ex-président Alvaro Colom (2008-2012) d'avoir ordonné sa mort. Selon la Cicig, dépressif après la mort de sa mère et de sa compagne, M. Rosenberg avait lui-même commandité son propre meurtre.

Selon les autorités, quelque 98% des crimes signalés restaient impunis au Guatemala lorsque la Cicig a été mise en place. Ce chiffre a chuté à 70% aujourd'hui.

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