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21/08/2015 11:12 EDT | Actualisé 21/08/2016 05:12 EDT

L'occupation soviétique de la Tchécoslovaquie a fait 402 morts en 1968-1991 selon des historiens

L'occupation soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968-1991 a fait au total 402 morts parmi les Tchèques et Slovaques, selon un bilan établi par des historiens tchèques dans un "Livre noir de l'occupation soviétique" paru à l'occasion du 47e anniversaire de l'invasion.

L'intervention le 21 août 1968 des troupes du pacte de Varsovie a mis fin au "Printemps de Prague", mouvement visant à démocratiser la vie politique, économique et culturelle du pays sous la houlette du leader réformateur Alexander Dubcek (1921-1992).

Un nouveau régime, instauré à Prague peu après l'intervention et obéissant aux ordres de Moscou, s'est maintenu au pouvoir jusqu'à la "Révolution de velours" de novembre-décembre 1989. Les troupes soviétiques n'ont quitté le pays qu'en 1990-1991.

Selon le "Livre noir", 135 civils tchèques et slovaques ont péri entre le 21 août et le 31 décembre 1968, essentiellement sous les balles des envahisseurs.

Entre 1969 et 1991, l'occupation a fait 267 autres victimes mortelles, dont 12 tuées par des déserteurs soviétiques et 248 morts dans des accidents de la route.

"Assez fréquemment, les voitures et les motos ont heurté des véhicules militaires immobilisés sur l'accotement de la route et mal éclairés. C'est l'exemple typique de ces accidents dans lesquels des familles entières ont trouvé la mort", a expliqué Prokop Tomek, co-auteur du "Livre noir", cité vendredi par le journal Dnes.

L'ouvrage décrit des meurtres commis par des déserteurs soviétiques, souvent lors de vols avec effraction. C'est par exemple le cas d'un Russe originaire de l'Ouzbékistan qui a tué à coups de marteau une jeune mère et ses deux enfants âgés de quatre et de sept ans, dans leur maison à Bruchotin, un village dans l'est du pays.

"C'est non seulement cette brutalité qui est choquante, mais aussi le fait que la police secrète StB avait tenté de dissimuler l'identité de l'assassin", s'indigne un autre auteur du "Livre noir", Ivo Pejcoch de l'Institut pragois de l'histoire militaire.

Le dernier meurtre connu a été commis par un déserteur soviétique à la mi-octobre 1989, soit un mois avant la chute du communisme: il a tué un Tchèque de 17 ans qui l'aidait à se cacher à Prague.

La dernière victime des troupes soviétiques sur le sol tchèque fut un retraité de 72 ans, écrasé le 16 novembre 1990 à Teplice (nord-ouest) par un camion conduit par un Soviétique de 20 ans, selon le "Livre noir".