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21/08/2015 04:17 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

L'IAAF complice tacite de dopage? « Ridicule » dit le président

Pour le président sortant de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), il est simplement « ridicule » de croire que son organisme aurait balayé sous le tapis des preuves de dopage parmi les athlètes.

« La crédibilité de notre sport n'a pas été affectée », a lancé Lamine Diack dans une conférence de presse aux échanges acrimonieux à la veille du début des Championnats du monde d'athlétisme, vendredi.

Au cours des derniers jours, la fédération s'est vue pressée de questions sur le dopage qui serait répandu chez les athlètes de piste et de pelouse qui ont participé aux derniers grands rendez-vous tels que les Jeux olympiques et les mondiaux.

Une chaîne de télévision allemande, ARD, et le Sunday Times de Londres ont monté un dossier sur la question avec, disent-ils, des tests positifs de sportifs qui proviendraient d'une base de données de l'IAAF. Ils ont ajouté que la fédération était au courant et aurait volontairement caché les résultats.

Ce que réfutent complètement les dirigeants de l'instance sportive, même s'ils ont, depuis, annoncé que 28 athlètes ont été pris la main dans le sac récemment après que d'autres tests ont été menés sur leurs échantillons des mondiaux de 2005 et 2007.

Vendredi, Diack est apparu à la conférence de presse en compagnie du président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach.

L'Allemand a voulu calmer le jeu et rappeler que les enquêtes sur le dopage doivent suivre les canaux traditionnels et non se faire dans les médias.

« Protéger les athlètes propres, dans ces circonstances, veut aussi dire ne pas faire d'allégations contre des sportifs qui jouissent encore de la présomption d'innocence », s'est-il exclamé.

De vieux tests

« Il est trop tôt pour spéculer sur les éléments (d'analyses) d'avant 2009 et l'introduction du passeport biologique. Aucun de ces tests ne peut servir de preuve de dopage, mais seulement d'indication. Au sujet de ces allégations (de dopage), nous avons aussi entendu les explications de l'Agence mondiale antidopage (AMA), et nous attendons les résultats de l'enquête en cours », a expliqué Thomas Bach, champion olympique de fleuret par équipes en 1976, à Montréal.

Fin juillet, la télévision publique allemande et le journal britannique avaient avancé, à partir de 12 000 échantillons obtenus dans une fuite à Fédération internationale d'athlétisme, qu'un tiers des médaillés mondiaux ou olympiques, entre 2001 et 2012, présenteraient des valeurs sanguines suspectes.

La Russie et le Kenya sont particulièrement visés dans ces allégations.

M. Bach a rappelé que, en 1981 à Baden-Baden (sud-ouest de l'Allemagne), la commission des athlètes du CIO, dont il était membre, comme l'ex-icône du demi-fond Sebastian Coe, élu nouveau président de l'IAAF mercredi à Pékin, avait souhaité des sanctions fortes contre les tricheurs.

Mais le propos d'une suspension à vie, dès la première infraction, s'était heurté à la législation, le dopage n'étant pas considéré comme un acte criminel, et aux décisions des tribunaux auxquels s'étaient adressés les athlètes tricheurs.

Thomas Bach a annoncé qu'un sommet olympique, rassemblant notamment des fédérations internationales et des comités nationaux, se tiendrait en octobre prochain à Lausanne pour évoquer la possibilité de créer, comme l'a souhaité Coe dès son élection, un organe indépendant à l'IAAF chargé des contrôles et des sanctions en matière de dopage.