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21/08/2015 15:50 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Guatemala : le président accusé de corruption par le parquet

Le parquet guatémaltèque et une commission de l'ONU contre l'impunité ont accusé vendredi le président Otto Pérez d'être directement impliqué dans le scandale de corruption qui a déjà mené à l'arrestation de son ex-vice-présidente.

"Nous trouvons dans toute l'organisation et l'organigramme (de ce réseau de fraude et corruption, ndlr) la participation très regrettable du président de la République et de Roxana Baldetti", l'ancienne vice-présidente arrêtée quelques heures plus tôt, a affirmé Ivan Velasquez, président de la Commission internationale contre l'impunité de l'ONU au Guatemala (Cicig), lors d'une conférence de presse conjointe avec le parquet.

Selon lui, les écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de l'enquête incluaient des références au "numéro un" et à "la numéro deux".

"Si aujourd'hui nous disons que +le numéro un+ correspond au président et +la numéro deux+ à la vice-présidente, c'est parce que nous avons des éléments pour le prouver, au-delà des conversations" enregistrées, a assuré M. Velasquez.

L'enquête, démarrée en mai 2014, s'appuient notamment sur 86.000 écoutes téléphoniques, qui constituent désormais la principale preuve contre les suspects.

Le président Otto Pérez, un général à la retraite de 64 ans au pouvoir depuis 2012 et qui ne se représente pas au prochain scrutin présidentiel du 6 septembre, était déjà dans le viseur de la justice depuis plusieurs mois.

Une commission d'investigation du Parlement avait ainsi demandé la levée de son immunité afin qu'il puisse comparaître devant la justice, mais cette requête avait été rejetée mi-août par les députés.

Jusqu'à présent, la justice considérait que le cerveau présumé de ce réseau de corruption, qui opérait au sein du service des douanes, était l'ancien secrétaire privé de Mme Baldetti, actuellement en fuite.

Ces premières accusations officielles contre Otto Pérez surviennent quelques heures seulement après l'arrestation de l'ancienne vice-présidente, qui avait démissionné mi-mai après la révélation du scandale.

Mme Baldetti, 53 ans, se trouvait dans une clinique au moment de son interpellation, invoquant des problèmes de santé. Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, fraude et corruption passive.

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