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20/08/2015 20:01 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

GB: Parallèle entre les craintes suscitées par les Britanniques de retour de la Guerre d'Espagne et ceux partis en Syrie

Les craintes suscitées par le retour des citoyens britanniques partis combattre en Syrie rappellent celles provoquées par les volontaires des Brigades internationales de la guerre civile espagnole (1936-1939), selon des documents déclassifiés vendredi par les Archives nationales.

Le MI5 estime qu'environ 4.000 Britanniques se sont rendus en Espagne pendant la guerre civile, dont l'écrivain George Orwell. Autant de communistes en puissance à leurs yeux et susceptibles d'espionner pour le compte de l'Union soviétique.

L'artiste Arthur Paul Hogarth ou le simple chauffeur George Ives, dont les dossiers ont été rendus publics vendredi, font partie de ceux qui ont fait l'objet d'une surveillance étroite pendant des années en raison de leur engagement ou tentative d'engagement dans les Brigades internationales qui se sont opposées aux troupes franquistes.

"En 1938, il est parti en France avec l'intention de servir dans les Brigades internationales mais il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas supporter la rigueur et les difficultés de la guerre et est finalement rentré en Angleterre", ont noté des agents du MI5, les renseignements intérieurs, à propos de Hogarth.

George Ives "est allé en Espagne en février 1938 et a été capturé en mars de la même année", peut-on lire dans son dossier. "Il passa dix mois dans les prisons de Franco et retourna en Angleterre en février 1939".

Pour Richard Baxell, autour d'un livre sur les Brigades internationales, "il n'y a aucun (rapport) entre (ces) volontaires qui luttèrent en Espagne et les jihadistes islamistes qui combattent en Syrie et en Irak".

Mais "la réaction hostile du gouvernement britannique envers ces volontaires -en particulier ceux qui voulaient revenir au Royaume-Uni- est un parallèle intéressant", a-t-il ajouté, dans une note récemment publiée sur son blog.

Les autorités britanniques craignent que les quelque 700 Britanniques partis rejoindre les rangs de l'organisation de l'État islamique ne reviennent encore plus radicalisés. Elles craignaient également que les volontaires des Brigades n'aient été approchés par les services secrets soviétiques.

"Un certain nombre d'anciens membres des brigades ont fait l'objet d'enquêteS de contre-espionnage durant la Guerre froide", confirme à l'AFP l'historien Christopher Andrew, de l'université de Cambridge.

Georges Orwell a ainsi été surveillé par les services secrets pendant des années après la guerre civile espagnole selon des documents secrets déclassifiés dès 2007.

"Si George Orwell et (le poète) Laurie Lee revenaient aujourd'hui de la Guerre civile espagnole, ils seraient placés en détention en vertu de la loi anti-terroriste de 2006", souligne le quotidien The Guardian.

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