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21/08/2015 14:11 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Des ordinateurs de la Défense nationale liés à des membres d'Ashley Madison

TORONTO — L'analyse des données du site de rencontres adultères Ashley Madison récemment rendues publiques par des pirates informatiques révèle que certains de ses clients ont effectué des transactions par carte de crédit à partir d'ordinateurs du ministère de la Défense nationale et de la Chambre des communes.

Les données, emmagasinées dans plus de 2500 fichiers, incluaient des transactions datant de mars 2008 à juin de cette année.

La Presse Canadienne a analysé les données pour découvrir 76 transactions par cartes de crédit faites à partir d'ordinateurs de la Défense nationale en utilisant 42 adresses de courriel différentes, et 25 transactions effectuées depuis la Chambre des communes à l'aide de 13 adresses courriel. Certaines des transactions sont des autorisations, suivies de transactions séparées pour les paiements.

Les données incluent le montant de la transaction, l'émetteur de la carte de crédit, les quatre derniers chiffres de la carte, le nom du client, sa ville, sa province, son pays, son code postal, une adresse courriel et, dans certains cas, l'adresse postale et des données IP.

Certains des noms mentionnés dans les transactions provenant de la Chambre des communes peuvent facilement être associés à des employés anciens ou actuels. Dans les fichiers liés à la Défense nationale, certaines des adresses sont celles d'édifices du ministère.

Un porte-parole du Secrétariat du Conseil du Trésor, qui représente le gouvernement fédéral, n'a pas immédiatement répondu aux demandes d'entrevue.

L'entreprise torontoise Avid Media Life, propriétaire d'Ashley Madison, a assuré qu'elle ne conservait pas les données complètes de cartes de crédit de ses membres.

Des données de cartes de crédit au nom de certains employés du gouvernement américain — dont certains occupant des postes clés à la Maison-Blanche, au Congrès et au département de la Justice — ont aussi été dévoilées par les pirates.

«J'ai fait des choses que je n'aurais pas dû faire», a déclaré un enquêteur du département de la Justice à l'Associated Press.

Lorsqu'on l'a questionné sur la possibilité qu'il devienne victime d'extorsion, l'enquêteur a assuré qu'il révélerait ses gestes à sa famille et à son employeur si nécessaire.

Le secrétaire à la Défense Ash Carter a déclaré que le Pentagone analysait la liste des gens qui auraient utilisé des adresses de courriel militaires.

L'adultère peut être une offense criminelle en vertu du Code unifié de justice militaire aux États-Unis. Il n'existe pas de telle règle pour les militaires ou employés de la Défense au Canada.

La Presse Canadienne