NOUVELLES
21/08/2015 07:11 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:12 EDT

Accès de tension sur le Golan syrien, raid aérien israélien meurtrier

L'armée israélienne a tué vendredi dans un raid aérien du côté syrien du Golan un groupe de quatre ou cinq hommes présentés comme responsables de tirs de roquettes sur Israël, qui ébranlent le statu quo dans ce secteur tendu.

En Syrie, pays ravagé par la guerre civile depuis 2011, la télévision d'Etat a affirmé que cinq "civils non armés" avaient été dans le raid mené par "un avion sans pilote" contre une voiture. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de deux miliciens prorégime et de trois personnes non identifiées tués.

Selon une source militaire israélienne, la frappe menée à une quinzaine de km de la ligne de démarcation entre Israéliens et Syriens sur le Golan "a visé et neutralisé le groupe responsable des tirs de roquettes" jeudi. Quatre ou cinq hommes ont été tués, a dit cette source en les présentant comme "des membres du Jihad islamique palestinien en Syrie".

Personne n'a assumé la responsabilité des tirs menés à partir du côté syrien du Golan. Mais pour l'establishment israélien, il ne fait guère de doute que l'Iran, après le sud du Liban, élargit là au plateau du Golan, à travers le Hezbollah libanais ou le Jihad islamique palestinien, le front avec son grand ennemi israélien.

Israël a expliqué frapper en Syrie parce qu'il tient Damas pour responsable de ce qui se passe sur son territoire. Mais, singulièrement, Israël a accusé l'Iran, un allié du régime syrien, et le Jihad islamique qui est bien plus connu pour son activisme à Gaza et dans une moindre mesure en Cisjordanie occupée.

- Attaque 'dirigée par un Iranien' -

Ce nouvel accès de fièvre aux confins d'Israël, de la Syrie et du Liban a commencé avec la chute de quatre roquettes sur le côté du Golan occupé et annexé par Israël et sur la Galilée adjacente au plateau.

Aucune victime n'a été rapportée. Mais c'était la première fois depuis longtemps, peut-être depuis la guerre du Kippour en 1973 selon les journaux israéliens, que des roquettes lancées de Syrie s'abattaient sur la Haute Galilée.

La réplique israélienne ne s'est pas fait attendre. Son armée a mené dès jeudi soir des raids aériens et déclenché des tirs d'artillerie sur des positions de l'armée syrienne sur le Golan. En tout, quatorze objectifs ont été pris pour cibles, a indiqué l'armée.

L'un de ces raids conduit à 23H30 a fait un mort et sept soldats blessés, selon une source militaire syrienne. L'OSDH, qui dispose d'un réseau de sources à travers la Syrie, a fait état de deux soldats tués et huit blessés.

"Nous disposons d'informations crédibles indiquant que l'attaque (de jeudi) a été menée par le Jihad islamique palestinien et qu'elle a été facilitée et dirigée par un Iranien, Safeed Izaadhi, chef de l'unité palestinienne au sein de la force Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, le corps d'élite du régime iranien, a dit le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon dans un communiqué.

- Tentative de diversion? -

Dans un communiqué de Gaza, le Jihad islamique a démenti et a fustigé une tentative de la part d'Israël "de détourner l'attention des crimes contre les prisonniers palestiniens et en particulier contre Mohammed Allan".

Il faisait référence au détenu palestinien qui a mobilisé l'opinion palestinienne en observant une grève de la faim de deux mois et en mettant sous pression le gouvernement israélien, après son hospitalisation.

Le Jihad islamique, qui le présente comme un de ses membres, avait prévenu qu'il ne serait plus tenu par la trêve actuelle avec Israël s'il mourait.

Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés en 1981, tandis qu'environ 510 km2 restent sous contrôle syrien. L'annexion par Israël est jugée illégale par la communauté internationale.

La province de Qouneitra, en grande partie située sur le plateau du Golan, est tenue en majorité par les rebelles en guerre contre le régime syrien, mais comprend une poignée de villages et localités aux mains du gouvernement syrien.

bur-lal/sbh/tp