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20/08/2015 12:28 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Usain Bolt ne se sent pas confortable à l'idée d'être le sauveur de l'athlétisme

PÉKIN, Chine — Il a établi des records du monde, gagné des médailles d'or olympiques, dansé sur la piste et permis aux épreuves de sprint de redevenir amusantes à regarder. Mais Usain Bolt insiste sur un détail: il ne peut être l'unique sauveur de l'athlétisme.

De retour à Pékin, où il a mérité trois médailles d'or et inscrit autant de marques mondiales aux Jeux olympiques de 2008, l'homme le plus rapide de la planète se prépare, cette fois, pour les Championnats du monde qui commencent samedi.

Mais sa conférence de presse, jeudi, s'est penchée moins sur ses souvenirs que sur le sujet qui enveloppe l'athlétisme d'un épais nuage noir depuis un certain temps: le dopage.

«Les gens disent que je dois gagner pour le sport. Mais il se trouve beaucoup d'autres athlètes qui sont propres, et qui l'ont été pendant toute leur carrière. Ça ne relève pas uniquement de moi, mais de tous les athlètes», a affirmé le Jamaïcain.

Récemment, un diffuseur allemand et un quotidien britannique ont rapporté que 146 des médailles décernées aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde lors des épreuves de demi-fond et de fond, entre 2001 et 2012, sont allées à des athlètes dont les tests étaient considérés comme étant douteux. L'Association internationale des fédérations d'athlétisme (AIFA) a fortement dénoncé le reportage tout en défendant ses pratiques pour contrer le dopage.

Même si la Jamaïque a fait l'objet de certaines remarques peu flatteuses au sujet de son propre programme anti-dopage, perçu comme étant peu rigoureux, Bolt demeure sans tache. Et s'il prend part à la finale du 100 mètres dimanche, ses principaux rivaux seront son compatriote Asafa Powell ainsi que les Américains Justin Gatlin et Tyson Gay, qui ont tous écopé des suspensions durant leur carrière.

Un reporter a même dit de la course qu'il s'agissait d'un duel entre le bien (Bolt) et le mal (Gatlin). Aucun des deux athlètes n'a voulu courir, ni même marcher, sur un tel terrain.

«Je n'essaie pas de gagner des concours de popularité ni attirer la sympathie des autres, a lancé Gatlin dans une entrevue accordée à l'Associated Press, peu de temps après la conclusion de la conférence de presse de Bolt.

«J'essaie de faire ce que je suis supposé de faire. J'espère que mes gestes sur la piste permettront de le prouver aux gens qui s'en soucient sincèrement. C'est tout ce qui importe.»

Auteur du meilleur chrono au 100 mètres en 2015, à 9,74 secondes, Gatlin a le droit de courir car les règles permettent à un athlète reconnu coupable de dopage de reprendre la compétition s'il a complété sa suspension. Certains trouvent ce règlement injuste. Bolt, cependant, ne veut pas s'immiscer dans ce débat.

«Les règlements sont les règlements, et ils sont là pour une raison, a fait remarquer Bolt. Si les règlements stipulent qu'un athlète peut reprendre la pratique du sport, je ne peux rien y faire. Je respecte les règles et c'est tout.»

Bolt, qui célébrera son 29e anniversaire de naissance vendredi, a par ailleurs précisé qu'un problème d'articulation à la hanche gauche l'avait empêché, jusqu'à maintenant cette année, de générer sa puissance habituelle dans ses foulées. Il n'a participé qu'à une rencontre d'athlétisme cette saison, franchissant les 100 mètres en 9,87 secondes, mais a assuré que ses récentes séances d'entraînement avaient été positives.

«C'est frustrant de ne pas être capable de montrer ce que vous pouvez faire», a déclaré Bolt, qui arbore une barbichette qu'il compte garder pendant les Championnats du monde.

Mais son entraîneur, Glen Mills, a eu de bonnes raisons de sourire lors des récents entraînements de son célèbre élève.

«Je ne m'inquiète de rien, a affirmé Bolt. Du moment que mon entraîneur est heureux.»

Après avoir effleuré divers sujets plus légers, la conversation entre Bolt et les médias est revenue sur le dossier de l'heure en athlétisme.

«Tout ce dont j'entends parler, depuis quelques semaines, c'est le dopage, le dopage, le dopage, a déploré Bolt. C'est triste que ça occupe l'avant-scène des Championnats du monde, et que l'on ne discute pas de la compétition qui approche. C'est dommage, mais je n'y peux rien parce que vous êtes ceux qui en parlez.»

Eddie Pells, The Associated Press