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20/08/2015 15:59 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Tirs de roquettes: Israël menace le pouvoir syrien d'une riposte

Israël a menacé jeudi le pouvoir en Syrie d'une riposte après le tir de quatre roquettes qui sont tombées notamment dans le nord de son territoire sans faire de victime.

Selon l'armée israélienne, les roquettes ont été tirées du côté non occupé du plateau du Golan et se sont abattues en Galilée, dans le nord israélien, et sur la partie du Golan occupée par Israël.

En soirée, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui dispose d'un réseau de sources à travers la Syrie, pays ravagé par la guerre depuis 2011, a fait état de bombardements israéliens sur des positions du régime syrien sur le Golan et évoqué un nombre indéterminé de morts parmi les soldats.

Mais l'armée israélienne, interrogée, n'a pas confirmé ces bombardements.

Dans son communiqué, elle a affirmé que les tirs de roquettes étaient "le fait du Jihad islamique, une organisation qui agit sur ordre de l'Iran et nous considérons que le gouvernement syrien est responsable de ces tirs et en subira les conséquences".

L'armée n'a pas néanmoins expliqué le lien avec le groupe armé palestinien basé dans la bande de Gaza.

Dans un communiqué à Gaza, le Jihad islamique a démenti être à l'origine des tirs de roquettes. "Il s'agit d'une tentative de l'occupant (israélien), de détourner l'attention des crimes contre les prisonniers palestiniens et en particuliers contre Mohammed Allan", a affirmé le communiqué.

Il faisait allusion au détenu palestinien qui a observé une grève de la faim de deux mois à laquelle il a mis fin jeudi après avoir été hospitalisé et après la suspension de sa détention sans jugement par la justice.

La portée des quatre roquettes tombées en Israël diminuent la probabilité qu'il s'agisse de projectiles échangés dans la guerre en Syrie et passant par inadvertance côté israélien, comme cela arrive fréquemment depuis le début du conflit syrien en mars 2011.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshé Yaalon ont effectué mardi une tournée d'inspection dans le nord du pays, toujours sous haute surveillance en raison de la présence du mouvement armé libanais Hezbollah de l'autre côté de la frontière avec le Liban et de la guerre civile en Syrie.

Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés en 1981, tandis qu'environ 510 km2 restent sous contrôle syrien. L'annexion par Israël est jugée illégale par la communauté internationale.

La province de Qouneitra, en grande partie située sur le plateau du Golan, est tenue en majorité par les rebelles mais comprend une poignée de villages et localités aux mains du gouvernement syrien.

L'aviation israélienne a frappé, depuis mars 2014, dans la région du Golan à plusieurs reprises l'armée syrienne et ses supplétifs ainsi que le Hezbollah, qui combat les rebelles en Syrie au côté du régime. Le 18 janvier, six combattants du Hezbollah, dont le fils d'un important dirigeant, ainsi qu'un général iranien avaient été tués dans un raid.

Bien qu'Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre, la ligne de cessez-le-feu était considérée jusqu'au début du conflit, comme relativement calme depuis l'armistice de 1974.

jlr/tp