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20/08/2015 13:22 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Témoignagne de Me Perrin : Novak savait que les dépenses de Duffy seraient remboursées

Lors de son témoignage jeudi au procès du sénateur Mike Duffy, l'ex-conseiller juridique de Stephen Harper, Benjamin Perrin, a déclaré qu'il avait été étonné d'apprendre que le premier ministre considère qu'un sénateur ne doit posséder que 4000 $ de valeur de propriété dans une province pour la représenter à la chambre haute. Il a aussi confirmé que Ray Novak savait que les 90 000 $ seraient remboursés, contredisant la version des conservateurs.

Me Perrin a affirmé qu'il commençait à avoir des doutes en février 2013 sur l'admissibilité de certains sénateurs, dont Pamela Wallin et Mike Duffy, et avait donné son opinion à ce sujet au premier ministre.

Benjamin Perrin a confirmé qu'il y a eu des discussions au sein du Cabinet du premier ministre sur la question de la légitimité à siéger au Sénat de certains sénateurs.

Le témoin a aussi dit avoir recommandé au premier ministre l'adoption de critères pour évaluer si un sénateur remplit bel et bien les exigences constitutionnelles pour représenter une province.

Selon la Constitution canadienne, un sénateur doit résider dans la province pour laquelle il est nommé et posséder une part d'au moins 4000 $ sur une propriété.

Me Perrin a déclaré qu'il n'était pas d'accord avec le premier ministre sur ce qu'il croit être les règles d'admissibilité au Sénat. Stephen Harper soutenait que l'exigence de propriété minimale est la seule exigence pour être nommé sénateur.

Un appel entre Wright, Harper et l'avocat de Duffy

L'intérêt pour le témoignage de Benjamin Perrin a monté en flèche depuis que l'avocat du sénateur Duffy, Donald Bayne, a déposé en preuve la déclaration qu'il a faite à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) relativement à cette affaire. Le témoignage de Me Perrin jeudi n'a fait que confirmer sous serment ce qu'il avait dit à la GRC.

L'avocat affirme que Ray Novak, secrétaire principal du premier ministre à l'époque, était parfaitement au courant que Mike Duffy allait rembourser ses dépenses litigieuses grâce à un chèque signé par Nigel Wright, alors chef de cabinet de M. Harper. 

Benjamin Perrin affirme plus précisément qu'il a participé à une conférence téléphonique avec l'avocate de Mike Duffy en compagnie de MM. Novak et Wright. Le conseiller juridique a d'ailleurs appuyé ses propos en disant qu'il avait « regardé Ray Novak pour voir sa réaction » lorsque l'histoire du chèque de 90 000 $ de M. Wright à M. Duffy a été abordée. Questionné lui aussi par la GRC, Ray Novak, qui était secrétaire principal de M. Harper à l'époque, a nié avoir été au courant de cette histoire.

Interrogé mercredi au sujet des contradictions dans ces deux déclarations, le chef conservateur a refusé de dire lequel de ses deux proches collaborateurs il croyait, ou de dire quelles conséquences allait encourir le menteur lorsqu'il serait découvert. « À mon avis, il y a deux personnes responsables », a-t-il répété une fois de plus, en référence à MM. Wright et Duffy. En conférence de presse jeudi, Stephen Harper a refusé de jeter le blâme sur Ray Novak.

La semaine dernière, le porte-parole de Stephen Harper, Kory Teneycke, avait démenti que Ray Novak était au courant de l'affaire, comme le laissaient entendre des courriels déposés en cour par Me Bayne. Il ne contestait pas que Ray Novak avait reçu ces courriels, mais soutenait qu'il ne les avait pas lus. Il avait même fait valoir qu'il était « inimaginable » que M. Novak n'en ait pas avisé le premier ministre s'il avait appris l'existence de ce chèque.