NOUVELLES
20/08/2015 11:18 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Russie: un haut fonctionnaire nommé au poste clé de patron des chemins de fer

Le gouvernement russe a nommé jeudi un haut fonctionnaire du ministère des Transports pour diriger la gigantesque société nationale des chemins de fer à la place de Vladimir Iakounine, un proche du président Vladimir Poutine dont le départ a suscité d'intenses spéculations.

Oleg Beloziorov, 45 ans, économiste de formation, était jusqu'à présent vice-ministre des Transports.

"Vous connaissez plutôt bien ce secteur, vous connaissez toutes les difficultés, la situation concernant le budget, les investissements", a souligné le Premier ministre Dmitri Medvedev, cité par les agences russes lors d'une rencontre avec le nouveau patron du groupe public RZD.

Les chemins de fer russes, qui exploitent 85.000 kilomètres de voies entre la mer Baltique et l'océan Pacifique, étaient dirigés depuis dix ans par Vladimir Iakounine. A 67 ans, ce dernier a annoncé mardi sa démission et devrait devenir sénateur à l'issue des élections locales du 13 septembre.

L'annonce surprise de son départ a fait grand bruit tant il s'agit d'une figure influente considéré comme appartenant au premier cercle de Vladimir Poutine. Il a été intégré à ce titre à la liste noire des personnalités sanctionnées par Washington en raison de la crise ukrainienne.

Il constitue pour l'opposition libérale un symbole de la corruption rongeant selon elle l'élite au pouvoir et notamment au sein des grandes entreprises publiques.

La presse s'est interrogée sur les raisons de son départ: recomposition du cercle des proches du Kremlin, simple retraite avec immunité à la clé après des années de loyaux services, ou mécontentement concernant la situation de RZD.

Si M. Iakounine a lancé la modernisation de ce mastodonte public, privatisant certains actifs et lançant des premières lignes à haute vitesse, la situation financière s'est dégradée avec la crise et l'entreprise a été déficitaire l'an dernier.

Dans un article publié jeudi, le site internet de la télévision publique russe dresse un bilan très sévère de ses dix années de direction: rentabilité en berne, mauvais état technique des voies ferrées, manque de productivité "injustifiée", priorité à l'augmentation des tarifs et aux subventions plutôt que modernisation des infrastructures...

gmo/kat/cr/