NOUVELLES
20/08/2015 05:53 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

RDC: 34 Bantous et Pygmées jugés le 25 août pour crimes contre l'humanité et génocide

Le procès de 34 Bantous et Pygmées accusés de crimes contre l'humanité et génocide dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où les deux communautés s'affrontent depuis 2013, s'ouvrira le 25 août à Lubumbashi, a-t-on appris de source judiciaire.

"Les 34 prisonniers sont poursuivis tous par la cour d'appel de Lubumbashi pour génocide et crimes contre l'humanité. (...) Nous ne pouvons pas vous dire à cette étape de l'instruction du dossier le nombre de Pygmées et celui de Bantous", a déclaré à l'AFP John Kasongo, greffier à la cour d'appel de Lubumbashi, capitale de la province du Katanga.

En RDC, crimes contre l'humanité et génocide relèvent de la compétence des cours d'appel, comme le prévoit le Statut de Rome, le texte fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) dont l'Etat congolais est signataire.

Les crimes contre l'humanité et crimes de génocide sont passibles en RDC de la peine de mort, une sentence qui n'est plus appliquée dans le pays en vertu d'un moratoire, et qui est commuée en prison à vie.

Les 34 accusés ont été appréhendés dans le nord du Katanga au cours de plusieurs vagues d'arrestations, dont la première s'est déroulée en juillet 2014. Ils ont ensuite été transférés à Lubumbashi, dans le sud de la province.

Benjamin Mulezi wa Banze, président de la communauté pygmée à Lubumbashi, a confié à l'AFP ses craintes d'un procès inéquitable, arguant que les juges seront Bantous et qu'il n'y avait pour l'heure pas de garantie que des interprètes soient disponibles.

Les Pygmées sont un peuple de chasseurs-cueilleurs présents en RDC, ainsi qu'en Centrafrique, au Congo, au Cameroun ou encore au Gabon. Longtemps marginalisés, méprisés et exploités, les Pygmées de RDC cherchent à faire reconnaître leur droits mais leurs revendications se heurtent au refus des Bantous.

Depuis 2013 dans le nord du Katanga, les affrontements entre des combattants bantous de l'ethnie luba et ceux pygmées du sous-groupe batwa se sont souvent soldés par des tueries, des pillages ou des incendies de villages et des déplacements de population.

Le 30 avril, des Luba ont attaqué un camp de déplacés essentiellement batwa près de la localité de Nyunzu. Human Rights Watch estime que les Luba ont "tué au moins 30" batwa, dont des enfants, "à coups de machette, de flèches et de hache".

M. Mulezi wa Banze a demandé une "enquête internationale indépendante" sur ce "massacre" qui, selon lui, a fait "63 morts".

Il a par ailleurs demandé au gouvernement congolais d'organiser un "dialogue entre Pygmées et Bantous" afin de "résoudre efficacement" le conflit qui les oppose.

Mardi, l'ONU a annoncé que 2 millions de dollars seront alloués à l'assistance des victimes des affrontements.

str/hab/etb/jhd