POLITIQUE
20/08/2015 11:14 EDT

Stephen Harper assure que son chef de cabinet Ray Novak a toute sa confiance (VIDÉO)

Stephen Harper affirme haut et fort que son chef de cabinet Ray Novak a toute sa confiance, malgré le fait que ce dernier était au courant que son prédécesseur, Nigel Wright, avait fait un chèque de 90 000 $ au sénateur Mike Duffy pour lui permettre de rembourser ses dépenses litigieuses, comme l'affirme l'ex-conseiller juridique du premier ministre, Benjamin Perrin.

Interrogé deux fois plutôt qu'une à ce sujet, jeudi matin, lors d'un point de presse tenu à Newmarket, au nord de Toronto, le chef du Parti conservateur a fini par répondre directement à la question, qui lui avait aussi été posée la veille.

« Quand les gens travaillent pour moi, ils ont ma confiance; s'ils n'avaient pas ma confiance, ils ne travailleraient pas pour moi », a-t-il déclaré, dissipant tout doute à ce sujet. Après avoir répété qu'à son avis, Nigel Wright et Mike Duffy étaient les deux seuls responsables de toute cette affaire, comme il le fait sans relâche depuis la semaine dernière, il a d'ailleurs ajouté : « je ne vais pas commencer à tenir d'autres personnes responsables de leurs actions ».

« Contrairement à ce que d'autres croient, il n'y a qu'une personne qui subit un procès, et cette personne est Mike Duffy. »

— Stephen Harper, chef conservateur

Lorsqu'une autre journaliste lui a demandé quelles conclusions les Canadiens pouvaient tirer de son leadership et de son pouvoir de nomination à la lumière des scandales qui touchent plusieurs sénateurs, le chef conservateur s'est aussi défendu en soulignant qu'il n'y avait pas que des sénateurs conservateurs qui étaient en cause, et que ses prédécesseurs avaient aussi été confrontés à de tels problèmes.

« Cela s'explique par la nature de cette institution qui n'est pas imputable. La différence, avec notre gouvernement, c'est que lorsque des sénateurs ont fait de telles choses, nous nous sommes assurés qu'il y ait des règles, et qu'elles soient appliquées », a-t-il fait valoir. « Nous avons le droit de nous attendre à mieux, j'ai le droit de m'attendre à mieux, tout comme le parti et le pays. Nous nous assurons que des comptes soient rendus lorsqu'il y a des gestes inappropriés de ce genre. »

Aide supplémentaire aux parents adoptifs

Stephen Harper était à Newmarket pour annoncer qu'un nouveau gouvernement qu'il dirigerait hausserait de 15 000 $ à 20 000 $ le montant maximal admissible au crédit d'impôt de 15 % pour frais d'adoption, en rendant ce dernier pleinement remboursable. Quelque 3000 familles adoptent un enfant chaque année au Canada.

Ces réponses de Stephen Harper ont été livrées au moment même où Benjamin Perrin entreprenait son témoignage dans le procès de Mike Duffy, au palais de justice d'Ottawa.

Il a confirmé à la cour que Ray Novak était bel et bien présent à ses côtés lorsque Nigel Wright a annoncé qu'il ferait un chèque à Mike Duffy. Selon le témoignage de M. Perrin, M. Wright a dit à l'avocate de M. Duffy : « Le sénateur va payer parce que l'argent vient de ma poche. » Selon Benjamin Perrin, M. Novak n'a alors eu aucune réaction.

Plus tôt cette semaine, l'avocat du sénateur Duffy, Donald Bayne, avait déposé en preuve la même déclaration faite par M. Perrin à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le cadre de cette affaire. Questionné lui aussi par la GRC, M. Novak a nié avoir été au courant de cette histoire.

Ils ont dit

Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique :

« Il dit que les gens qui travaillent pour lui ont sa confiance pendant qu'ils travaillent pour lui. Je ne sais pas ce que ça veut dire à long terme pour quiconque travaille pour lui. »

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada :

« Peu importe ce qu'il dit, sa perte d'intégrité dans son bureau est quelque chose que les Canadiens ne sont pas près d'oublier, et c'est l'une des raisons pour lesquelles les Canadiens ont besoin de vrai changement en octobre. »

Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois :

« S'il [Stephen Harper] est solidaire d'eux et qu'eux le savaient, peut-être le savait-il? [...] Je connais Stephen Harper depuis quelques années. C'est un peu surprenant que tout le monde savait des choses dans son cabinet, sauf lui. »