POLITIQUE
20/08/2015 03:06 EDT | Actualisé 20/08/2015 03:09 EDT

Mariages forcés: où sont les études?, demande un groupe de musulmanes

gender equality in Europe and CISPhoto courtesy of UNDP in Moldova" data-caption="Human trafficking and domestic violence are two issues of deep concern in the Republic of Moldova. These issues imply violations of basic human rights and jeopardize human security. Moldova is currently one of the main countries of origin for human trafficking. Domestic violence, discrimination against women, lack of parental care, poverty, inadequate public services, and a high level of unemployment are just some of the factors that contribute to human trafficking in Moldova. One in four women in Moldova is a victim of domestic violence. Women say that alcohol abuse, poverty and tradition are the main causes of domestic violence. One in every three victims blames herself for “provoking the violence.” Studies show that only a tiny number of cases of human trafficking and domestic violence are officially reported and assisted.UNDP has partnered with the Government and other international organizations to protect and empower victims of human trafficking and domestic violence. Read more about gender equality in Europe and CISPhoto courtesy of UNDP in Moldova" data-credit="UNDP in Europe and Central Asia/Flickr">

QUÉBEC - Alors que le gouvernement Couillard s'attaque aux mariages forcés avec son projet de loi 59, un groupe de musulmanes affirme qu'il s'agit peut-être d'une solution à un problème inexistant.

«On se demande pourquoi ça a été introduit, dit Samaa Elibayri, du Conseil canadien des femmes musulmanes. Ça ne fait pas de mal, c'est bienvenu qu'il y ait une protection supplémentaire. Mais on se demande si c'est justifié étant donné qu'il va y avoir des coûts associés.»

Elle déplore l'absence d'études pour quantifier le phénomène au Québec. «Le gouvernement introduit la loi, mais c'est basé sur quel fondement?», demande-t-elle.

Samaa Elibayri témoignera jeudi devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 59 sur les discours haineux, les mariages forcés et la violence basée sur l'honneur.

Pour éviter les mariages forcés, le projet de loi 59 prévoit que les mineurs devront obtenir la permission d'un juge avant de se marier.

Par ailleurs, le projet de loi 59 amalgame de nombreux phénomènes, estime Samaa Elibayri. «Ce qui distingue l'ensemble du projet de loi, c'est que ce sont des lois qui n'ont aucun lien entre eux: on parle de protection de la personne, de discours haineux... On ne voit pas comment on a mis tout ça dans le même panier», dit-elle.

Pour sa part, le Forum musulman canadien voit le projet de loi d'un bon oeil et estime qu'il permettra d'établir des balises claires quant aux discours haineux. «Si la loi est implantée, elle va s'appliquer à tout le monde, dit Samah Jebbari. Personne ne sera au-dessus de la loi.»

En février dernier, l'organisme affirmait que certains politiciens utilisent des incidents ponctuels pour se faire du capital politique.

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