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20/08/2015 17:46 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Les hommes deux fois plus à risque de mourir de la prise d'opiacés

TORONTO — Les hommes qui consomment des opiacés pour soulager la douleur chronique sont deux fois plus à risque que les femmes d'augmenter leur dose et de mourir de causes liées au médicament.

Une étude de l'Institut pour les sciences évaluatives cliniques a analysé le dossier de plus de 285 000 Ontariens ayant reçu une ordonnance d'opiacés sur une période de 13 mois.

L'auteur principal de l'étude, le docteur David Juurlink, affirme qu'un homme sur 45 a progressivement augmenté sa dose jusqu'à plus de 200 milligrammes de morphine — ou son équivalent — par jour, en comparaison avec une femme sur 70.

Les patients dont la consommation a ainsi fait boule de neige étaient presque 24 fois plus à risque de mourir que ceux qui n'augmentaient pas leur dose quotidienne. 

Un homme prenant des opiacés pour traiter la douleur chronique sur 350, et une femme sur 850, sont morts des suites de la prise de ce puissant narcotique.

En outre, plus d'un patient sur dix qui a reçu une prescription de prise d'opiacés est devenu un utilisateur chronique, démontre la recherche publiée dans la revue «PLOS ONE».

Malgré l'usage répandu de ces analgésiques, les chercheurs affirment qu'il y a peu d'études démontrant la sécurité des opiacés et l'efficacité d'une thérapie à long terme pour la douleur chronique, spécialement en comparaison avec les autres analgésiques.

«Ces découvertes soulignent l'importance d'y penser à deux fois avant de s'embarquer dans un thérapie chronique aux opiacés, et tout particulièrement les thérapies à forte dose», a affirmé M. Juurlink, qui est directeur du Département de pharmacologie et de toxicologie de l'Université de Toronto.

«Les médecins qui choisissent de prescrire une thérapie d'opiacés chroniques devraient tenir compte de ces risques et s'assurer que leurs patients les comprennent également», a-t-il ajouté.

Sheryl Ubelacker, La Presse Canadienne