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20/08/2015 07:53 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Le pape portant une pancarte pour le dialogue sur les Malouines: le Vatican minimise

Le Vatican a minimisé jeudi la signification d'une photo montrant le pape souriant lors de l'audience générale de mercredi au Vatican, en arborant une pancarte remise par des fidèles argentins et appelant au "dialogue" entre l'Argentine et le Royaume uni sur les Malouines.

La photo "a été prise dans le contexte d'une audience générale au cours desquelles de nombreux fidèles présentent au pape de nombreux objets, souvent pour se faire photographier", a expliqué le porte-parole adjoint du Saint-Siège, Ciro Benedettini.

"Le temps est venu pour un dialogue entre l'Argentine et le Royaume Uni sur les Malouines", affirmait cette petite pancarte bleue, montrant l'archipel en blanc, que le pape a tenue dans les mains en souriant.

Au Vatican, on fait valoir que le pape François, en cherchant systématiquement le contact avec la foule, est souvent amené à prendre dans ses mains des objets sans que cela représente une prise de position.

Pendant ses passages dans la foule lors de ses audiences, le pape salue, bénit et sourit en permanence devant des dizaines d'objectifs, tout en s'emparant de ce qu'on lui tend: bébés à embrasser, verres de maté (boisson traditionnelle argentine), drapeaux en tous genres...

En 1982, la dictature argentine a ordonné l'invasion des îles Falkland (ou Malouines), britanniques depuis 1833.

Le Premier ministre britannique de l'époque, Margaret Thatcher, a lancé une opération de reconquête et obtenu la reddition des troupes argentines après de bref combats ayant coûté la vie à environ 250 Britanniques et 750 Argentins.

Cette défaite a été ressentie comme une humiliation en Argentine. En 2011, le cardinal Jorge Bergoglio, alors archêque de Buenos Aires, avait tenu des propos décrivant l'archipel comme "nos" îles.

Peu après l'élection de François, la présidente argentine Cristina Kirchner avait déclaré lui avoir demandé d'exercer sa médiation, ce qui avait irrité Londres.

Ce n'est pas la première fois qu'une photo de François est embarrassante.

Lors de son voyage en Bolivie en juillet, le président Eva Morales avait remis au pape, visiblement gêné, une sculpture figurant un crucifix sur une faucille et un marteau, oeuvre d'un prêtre d'extrême-gauche assassiné.

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