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Invectivée par la propriétaire d'un restaurant pour avoir apporté du lait pour son bébé?

Le restaurant Le Chien Rose, situé sur la rue Fleury à Montréal, est pointé du doigt sur les réseaux sociaux après une prise de bec entre la propriétaire des lieux et une mère de famille. La chicane s’est poursuivie mercredi sur la page Facebook du restaurant.

En compagnie de son enfant de 18 mois et de son conjoint, la cliente s’est rendue mardi soir dans le restaurant du quartier Ahuntsic pour souper.

Ce qui devait être une belle soirée a plutôt mal viré lorsque la propriétaire du restaurant, Michèle Des Rosiers, serait intervenue pour dire à la famille «que ça ne se faisait pas d'apporter son propre jus».

Ce jus, dont il est question, il s’agit d’un biberon de lait, selon la mère. Un «lait spécial» pour leur enfant qu'il n'aurait pas pu obtenir au restaurant.

«Nous étions avec mon fils de 18 mois. J'ai rempli son biberon de lait (il boit du lait spécial, donc je ne pouvais pas commander du restaurant), raconte la mère de l’enfant dans la section de la page Facebook du restaurant réservée aux avis des clients. La propriétaire est sortie nous dire que ça ne se faisait pas d'apporter son propre jus, qu'on ne savait pas vivre. On a failli quitter sur-le-champ. On aurait dû en fait».

«La table à côté de nous aussi a pensé à quitter, si ce n'avait été de la serveuse qui s'est excusée plusieurs fois. Bref, malheureusement nous n'y retournerons jamais», tranche-t-elle, affirmant n’avoir jamais eu un tel problème par le passé.

La mère de famille aurait exigé des excuses de la propriétaire, qui aurait refusé. Cette dernière dit avoir vu une pinte de lait 3,25% Québon dans le sac de la cliente.

Round 2 sur Facebook

L’histoire ne s’arrête pas là. C’est plutôt la réponse crue de la propriétaire du restaurant qui fait réagir sur les réseaux sociaux.

Lorsque la cliente donne une note d’une étoile au restaurant et souligne la malencontreuse situation sur la page du restaurant en parlant «d’une serveuse sympathique (mais) d’une proprio vraiment exécrable», les choses se froissent entre les deux femmes.

En effet, sous le commentaire de la dame, la propriétaire s’est imposée en lui livrant une réponse plus que salée :

«Madame, je ne peux que commenter votre manque de savoir-vivre. Nous vendons du lait, du jus, de la liqueur, bref, toutes sortes de boissons non-alcoolisées. Vous ne nous avez nullement demandé si on avait du lait à vendre, ce qui est la norme et la politesse. Si nous n'avions pas eu ce que vous vouliez, alors vous auriez pu demander si vous pouvez aller en acheter à l'épicerie à côté. C'est la moindre des choses», lui réplique la propriétaire.

«Vous avez agi exactement comme si vous étiez rentré dans un bar avec une caisse de 6. Normal qu'on soit insulté.... On se casse la tête à avoir toutes sortes de breuvages, principalement pour les enfants, et vous nous coupez l'herbe sous le pied. On est "apportez votre VIN", pas "apportez tout ce que vous voulez". Si pour vous c'est ça encourager les business locales, je préfère que vous restiez chez vous. Désolée.»

Colère et incompréhension

Dans les heures qui ont suivi, le restaurant s’est attiré de nombreuses critiques de la part des internautes.

«Je suis sidérée par le manque de respect et de professionnalisme de la réponse du propriétaire. Au grand jamais je n'irai encourager ce resto et je ne le recommanderai pas plus», écrit l’un.

«J'ai un fils de 16 mois et nous devions aller dans votre région la semaine prochaine. OFFICIEL que nous éviterons votre établissement», s’exprime un autre.

«Une chance qu'elle n'allaitait pas. Il lui aurait fallu demander un sein avant!» en rajoute un autre.

La propriétaire, victime de lynchage, s'excuse

Dans un imposant message paru sur la page du restaurant jeudi après-midi, Michèle Des Rosiers a présenté des excuses: «Pour le ton que j’ai employé envers la cliente qui avait apporté son lait, je m’excuse. Je sais que j’ai du travail à faire là-dessus. Il n’y a personne de parfait et je suis dans ce bateau avec vous.»

«Que je dise à la cliente qu’elle est impolie sur ce dit avis : peut-être pas mon meilleur move. De dire que c’était du lait spécial pour son fils allergique quand ce n’était pas le cas n’est pas vraiment honnête», poursuit-elle.

«Mais est-ce que mon équipe et moi méritons ce lynchage public qui est en train de se produire? Est-ce que ça mérite le déferlement de parents venus mettre 1 étoile à mon resto ou me laisser des commentaires insultants pour cette histoire? Est-ce que c’est plus juste et plus mature de votre part de me donner autant de haine pour une situation dont vous n’avez pas été témoin? Je ne crois pas.»

Le Huffington Post Québec a contacté la propriétaire et la cliente qui n'ont pas souhaité commenter davantage la situation.

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