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20/08/2015 15:35 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Guinée-Bissau: le nouveau Premier ministre investi en dépit de la contestation sur son choix

L'ex-ministre Baciro Dja a été investi Premier ministre de Guinée-Bissau jeudi après-midi, dans la foulée de sa nomination et en dépit de la contestation du parti au pouvoir, le PAIGC, qui réclame la reconduction de son prédécesseur.

La nomination de M. Dja, 39 ans, a été annoncée dans un décret du président José Mario Vaz publié jeudi après-midi, avec effet immédiat, marquant de fait le rejet de la demande du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC).

"Le pays traverse un moment particulier de son histoire politique et démocratique. Pour cela, j'appelle tous les organes de souveraineté et la société civile à s'engager à assumer leurs responsabilités pour garantir la stabilité" de la Guinée-Bissau, a déclaré Baciro Dja en prêtant serment lors d'une cérémonie en présence du chef de l'Etat, de diplomates en poste à Bissau et de la presse.

"Je vais ouvrir un dialogue franc et sincère pour la recherche d'une solution concertée et durable pour la Guinée-Bissau", a-t-il promis.

Le président Vaz, qui ne s'était pas exprimé depuis plusieurs jours en public, a expliqué avoir choisi comme Premier ministre M. Dja "parce qu'il connaît parfaitement le pays".

"La gestion des affaires de l'Etat implique une prise de décision qui ne plaît pas toujours", a-t-il déclaré.

"L'heure est au changement du pays, (...) au changement des comportements. Je lance un appel à tous les Bissau-Guinéens pour qu'ils contribuent à la relance de leur pays", a-t-il ajouté.

Par deux fois, le PAIGC a proposé au chef de l'Etat la reconduction à ce poste de Domingos Simoes Pereira, destitué le 12 août, à la suite d'un bras de fer au sommet de l'Etat.

M. Pereira est le président du PAIGC, dont sont aussi membres le chef de l'Etat Vaz et le nouveau Premier ministre Dja.

Selon leurs entourages, MM. Vaz et Pereira ne s'entendaient pas depuis plusieurs mois sur la manière de diriger le pays.

Aussitôt connue, la nomination de Baciro a été contestée par le PAIGC, qui a appelé ses militants à un rassemblement de protestation jeudi en fin d'après-midi à Bissau, pendant que des partisans du chef de l'Etat invitaient de leur côté à un meeting de soutien en faveur de M. Vaz.

Les deux manifestations ont été annulées à la demande de la police, "pour raisons de sécurité", parce qu'elles présentaient des risques de troubles à l'ordre public, a indiqué à l'AFP le commissaire principal de Bissau, José Antonio Marques.

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