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20/08/2015 09:14 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

France: le chef de l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, menacé d'exclusion, se défend devant ses pairs

Le chef historique de l'extrême droite française Jean-Marie Le Pen est arrivé jeudi combattif à une audience disciplinaire organisée par son parti, le Front national, qui envisage de l'exclure pour sanctionner ses provocations répétées sur la Shoah.

Le cofondateur du FN, 87 ans, a été convoqué par sa fille Marine, à qui il a cédé la présidence du parti en 2011, après cinq mois de crise ouverte, jalonnée de déclarations frassantes dans les médias et d'actions en justice.

Il doit s'expliquer devant les membres du bureau exécutif, réunis en formation disciplinaire, mais en l'absence de Marine Le Pen qui n'a pas voulu être "juge et partie".

"Je vais contester leur présence et le droit qu'ils ont de me juger", a déclaré le vieux tribun, en arrivant au siège du parti à Nanterre, près de Paris, en début d'après-midi. "Les chefs sont aux abris, il n'y a que les fantassins ici", a-t-il ironisé.

Depuis son arrivée à la tête du FN, Marine Le Pen, 47 ans, a pris ses distances avec l'héritage sulfureux légué par son père, condamné à plusieurs reprises pour propos antisémites et racistes. Elle a cependant conservé la ligne générale du parti, marquée par des positions nationalistes et anti-immigrés.

Cette stratégie de "dédiabolisation" vise à conforter ses ambitions en vue de l'élection présidentielle de 2017 en France, pour laquelle tous les sondages depuis près d'un an lui prédisent une qualification pour le second tour.

Mais son père estime que le FN n'a pas intérêt à devenir trop lisse. En avril, il a donné une série d'interviews, qualifiant de nouveau les chambres à gaz de "détail" de la Seconde guerre mondiale, ce qui lui vaut d'être poursuivi en justice pour contestation de crimes contre l'humanité.

Déplorant un "suicide politique", Marine Le Pen avait alors engagé une procédure disciplinaire contre lui. En mai, le bureau exécutif du FN l'avait suspendu et lancé un congrès par voie postale pour le défaire de son statut de président d'honneur.

Le "menhir" (surnom lié à ses origines bretonnes) a obtenu en justice l'annulation de ces sanctions. Marine Le Pen a donc dû reprendre la procédure au départ.

Elle espère refermer une crise qui handicape l'extrême droite à quelques mois d'élections régionales, dernier tour de chauffe avant le scrutin présidentiel de 2017. Elle-même sera candidate dans le nord de la France, tandis que sa nièce Marion Maréchal-Le Pen est en lice dans le sud-est, deux régions dans lesquelles le FN espère pouvoir gagner.

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