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20/08/2015 16:40 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Face à la pression migratoire, Paris, Londres et Skopje renforcent les contrôles

Face à une pression migratoire inégalée en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, la France, le Royaume-Uni ou encore la Macédoine ont pris jeudi de nouvelles mesures pour renforcer les contrôles aux frontières les plus exposées.

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve a annoncé à Berlin, au côté de son homologue allemand, la tenue à Paris mi-octobre d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères et de l'Intérieur pour préparer un sommet consacré à la question migratoire en novembre à La Valette (Malte).

Paris et Londres ont aussi conclu un accord pour renforcer leur coopération dans la lutte contre les passeurs qui aident les migrants à traverser la Manche, notamment en créant un "centre de commandement et de contrôle commun" à Calais, dans le nord de la France, où affluent des milliers de réfugiés désireux de rallier l'Angleterre.

De son côté, la Macédoine a décrété l'état d'urgence dans le sud du pays, confronté à un afflux de migrants en provenance de Grèce, et va engager les forces armées dans cette zone pour aider les autorités locales.

Environ 340.000 migrants sont arrivés sans visa aux frontières européennes sur les sept premiers mois de l'année, soit trois fois plus que sur la même période en 2014. Et le rythme s'intensifie avec 107.000 arrivées rien qu'en juillet, selon l'agence européenne de contrôle des frontières, Frontex.

'Lenteur' européenne

En première ligne: l'Italie et, plus récemment, la Grèce qui a accueilli depuis janvier 160.000 personnes fuyant souvent la guerre en Syrie, en Irak ou en Afghanistan.

Mais les migrants poursuivent leur chemin et tous les pays européens sont concernés, notamment la Macédoine, pays de transit, mais aussi l'Allemagne, qui s'attend à enregistrer 800.000 demandes d'asile en 2015, un record absolu.

Et le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizières, a de nouveau exprimé sa colère vis-à-vis des institutions européennes.

"Il est inacceptable que les institutions européennes continuent à travailler avec la lenteur actuelle", car il se passe selon lui "trop peu dans la mise en oeuvre des décisions qui ont déjà été prises".

MM. De Maizières et Cazeneuve ont plaidé notamment pour l'harmonisation des règles en matière d'asile et insisté sur la mise en place effective de "hot spots", ces centres de tri en Grèce ou en Italie appelés à distinguer migrants économiques et personnes pouvant relever du statut de réfugiés.

Plus tôt dans la journée, à Calais, M. Cazeneuve avait tenu un discours de fermeté dans cette région abritant un camp informel, la "new jungle", où s'entassent des migrants dans l'espoir de gagner les côtes britanniques.

"Il faut qu'un signal très fort soit envoyé ici à Calais, qu'on ne peut pas passer la frontière que nous gérons en commun", a déclaré jeudi Bernard Cazeneuve, qui a signé un accord en ce sens avec son homologue Theresa May.

Leur plan est axé sur la sécurité à l'entrée du tunnel sous la Manche, où les tentatives d'intrusion ont déjà ralenti grâce à des barrières et des renforts, passant de 2.000 par nuit fin juillet à moins de 200.

Le site d'Eurotunnel sera encore sécurisé, avec la création d'une "salle de contrôle intégrée" et des équipes de fouille opérant 24 heures sur 24. La lutte contre les passeurs sera sous la coupe d'un "centre de commandement et de contrôle commun".

'Indifférence générale'

Outre ce volet sécuritaire, Paris et Londres ont pris des engagements humanitaires pour les migrants "les plus vulnérables" financé à hauteur de 10 millions d'euros sur deux ans par les Britanniques, dont l'essentiel de l'effort portait jusqu'à présent sur l'aspect répressif.

Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR) Antonio Guterres a salué cet accord, "en particulier les mesures de protection et humanitaires". A l'inverse, des centaines de migrants ont manifesté au départ de la New Jungle pour critiquer le renforcement du contrôle à l'entrée d'Eurotunnel.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-rouge et du Croissant-rouge (IFRC) a déploré jeudi "l'indifférence générale" devant cette crise humanitaire et exhorté la communauté internationale à se "réveiller".

Le pape François a de son côté recommandé aux catholiques de se "laisser interpeller" et de se mobiliser plus que jamais pour que ces étrangers soient accueillis.

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