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20/08/2015 12:31 EDT | Actualisé 20/08/2016 01:12 EDT

Burundi: près de quatre mois de crise

Le président burundais Pierre Nkurunziza a prêté serment jeudi pour un 3e mandat controversé, qui a plongé depuis fin avril son pays dans une grave crise politique émaillée de violences meurtrières.

L'opposition, la société civile et l'Eglise catholique et une faction du parti de M. Nkurunziza, le CNDD-FDD, estiment que ce 3e mandat est contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006).

Les violences ont fait une centaine de morts et poussé plus de 180.000 personnes, selon l'ONU, à fuir dans les pays voisins.

- DÉBUT DES MANIFESTATIONS - PREMIERS MORTS -

- 26 avr 2015: Des milliers de manifestants se réunissent, bravant l'interdiction du gouvernement, au lendemain de la désignation de M. Nkurunziza par le CNDD-FDD comme candidat à la présidentielle.

Trois personnes sont tuées dans des affrontements entre manifestants et policiers et deux lors de descentes nocturnes réalisées, selon des témoins, par des Imbonerakure (Ligue de jeunesse du CNDD-FDD) dans un quartier nord de la capitale.

Début mai, la Cour constitutionnelle valide la candidature de M. Nkurunziza. L'arrêt est signé par six de ses sept juges, son vice-président ayant préféré fuir le pays plutôt que de cautionner une décision arrachée, selon lui, sous des "menaces de mort".

- LES AUTORITÉS ORDONNENT L'ARRÊT DE LA CONTESTATION -

- 9 mai: Les autorités somment les manifestants de cesser "immédiatement" et "sans condition" la contestation. Le lendemain, les opposants refusent mais dans plusieurs quartiers contestataires, police et armée démantèlent les principales barricades.

- TENTATIVE DE PUTSCH AVORTÉE -

- 13 mai: L'ancien chef du service de renseignements et ex-chef d'état-major de l'armée, le général Godefroid Niyombare, annonce la destitution de M. Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie.

Le 15 mai, la tentative de putsch échoue, certains des meneurs se rendent, d'autres fuient. Pierre Nkurunziza, de retour à Bujumbura, établit un lien entre les putschistes et les "soulèvements en cours".

Le 18 mai, il limoge son ministre de la Défense, jugé trop conciliant avec les manifestants, et celui des Relations extérieures.

- DÉFECTION DU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE -

- 28 juin: Le président de l'Assemblée nationale sortante Pie Ntavyohanyuma, 2e personnage de l'État, opposé au 3e mandat, annonce sa défection depuis Bruxelles. Son départ s'ajoute à la longue liste d'opposants, journalistes, membres de la société civile mais aussi cadres frondeurs du CNDD-FDD qui ont choisi l'exil.

- COMBATS SPORADIQUES DANS LE NORD -

- 10 juil: Début de combats entre l'armée et un groupe armé dans les provinces de Kayanza et Cibitoke, près de la frontière avec le Rwanda et la République démocratique du Congo. Plus de 220 personnes ont été capturées (armée).

- RÉÉLECTION DE NKURUNZIZA -

- 21 juil: M. Nkurunziza est réélu sans surprise (69,41% des voix) pour un 3e mandat.

- ATTAQUES CIBLEES -

- 2 août: Le général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire, est tué à Bujumbura. Le journaliste et correspondant de l'AFP et de Radio France internationale (RFI), Esdras Ndikumana, est arrêté par des membres du Service national de renseignement (SNR) et roué de coups.

Le 3 août, le militant des droits de l'Homme Pierre-Claver Mbonimpa est blessé par balle dans une tentative d'assassinat à Bujumbura.

Le 15 août, un ex-chef d'état-major, le colonel Jean Bikomagu, figure du camp tutsi pendant la guerre civile, est assassiné par des inconnus.

Outre des assassinats ciblés à Bujumbura et en province, des attaques nocturnes sont aussi menées contre la police.

- PRESTATION DE SERMENT DE NKURUNZIZA -

- 20 août: Pierre Nkurunziza a prêté serment pour un 3e mandat controversé, annonce la présidence sur Twitter.

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