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19/08/2015 04:44 EDT | Actualisé 19/08/2015 04:44 EDT

Un an après, les familles d'otages exécutés par l'EI se battent pour les autres

ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Friday, May 27, 2011, file photo, journalist James Foley poses for a photo during an interview with The Associated Press in Boston. A memorial service is scheduled Saturday, Oct. 18, 2014, in Foley's hometown of Rochester, N.H., on what would have been his 41st birthday. Foley was abducted in Syria on Thanksgiving Day 2012, and a video by Islamic State militants that purported to show his killing by the militant group was released Tuesday, Aug. 19, 2014. (AP Photo/Steven Senne, File)

Un an après l'assassinat de James Foley par ses geôliers du groupe Etat islamique, la famille du journaliste américain se bat pour éviter que de futurs otages ne connaissent le même sort.

Après sa mort, les parents de James Foley ont joint leurs forces à des organismes de défense de la liberté de la presse et aux familles d'autres otages pour tenter de convaincre le gouvernement américain de changer de stratégie quand elle a à faire à prises d'otage à l'étranger.

Grâce au soutien de l'opinion publique choquée par les images de la décapitation de James Foley, soigneusement mise en scène par ses bourreaux, il y a eu des avancées.

En juin, le président Barack Obama, a changé les procédures en matière de prise d'otage à l'étranger.

Les familles d'Américains enlevés auront désormais un interlocuteur unique: une "cellule fusionnée" dans le nouveau jargon officiel, qui comptera des spécialistes du FBI, la police fédérale, de la CIA, le renseignement extérieur, du département d'Etat et d'autres agences.

Le président a fait une autre concession. Les familles ne risqueront plus d'être poursuivies en justice si elles versaient une rançon pour tenter de faire libérer leur proche.

Barack Obama reste en revanche un tenant de la philosophie générale qui prévaut depuis des décennies: "nous ne négocions pas avec des terroristes".

Diane, la mère de James Foley va venir à Washington la semaine prochaine pour s'enquérir, avec d'autres membres de sa campagne, des progrès faits par la cellule et surtout pour voir comment aller plus loin.

Trente Américains détenus

"Nous sommes reconnaissant aux Foley, aux autres familles et aux autres otages pour leur courage et leur générosité, pour leur engagement et l'aide qu'ils ont apporté au passage en revue de notre politique envers les otages. Nous nous engageons à mettre ces réformes en œuvre", a déclaré Peter Boogaard, un porte-parole du Conseil pour la sécurité nationale à la Maison Blanche.

Mme Foley, comme les organisations qui soutiennent son combat, reconnaissent et saluent les progrès réalisés mais avec un important bémol: 30 Américains sont toujours détenus à l'étranger.

"Nous avons bon espoir, mais aucun Américain n'est rentré pour le moment", a-t-elle déclaré à l'AFP, tout en remerciant la Maison Blanche pour son action.

James Foley a été exécuté le 19 août 2014. Deux semaines plus tard, c'est Steven Sotloff, un autre journaliste américain, qui a été tué avec la même chorégraphie macabre, par le même bourreau à l'accent britannique.

Ces exécutions ont soulevé une vague d'indignation et ont jeté une lumière crue sur les méthodes de l'EI. Elles ont aussi révélé au grand jour, les différences de méthodes --et de résultats-- entre pays dont des ressortissants avaient été pris en otage par l'EI.

D'un côté, les otages français et espagnols, maltraités pendant leur détention mais libérés après le versement de fortes rançons, selon des informations de presse, et de l'autre les Etats-Unis et le Royaume-uni qui refusent de payer.

David Haines et Alan Henning, deux travailleurs humanitaires britanniques ont été tués eux aussi, quelques semaines seulement après MM. Foley et Sotloff.

Pas sacrifiés en vain

La famille de James Foley s'est plaint d'avoir été menacée de poursuites par des responsables américains si elle tentait de verser une rançon pour libérer le journaliste.

"Beaucoup de choses ont changé depuis un an dans la manière dont le gouvernement américain gère les affaires d'enlèvements d'otages américains. Il y avait beaucoup à faire", a souligné Delphine Halgand, directrice pour les Etats-Unis de Reporters sans frontières.

Comme les familles, les organisations qui se sont mobilisées veulent des résultats comme par exemple sur le dossier Austin Tice, un autre journaliste américain capturé en Syrie il y a maintenant trois ans.

Les nouvelles informations sur le sort terrible réservé à une jeune humanitaire, Kayla Mueller, par le chef de l'EI, qui l'a violée à plusieurs reprises avant qu'elle ne soit tuée, ont donné encore un peu plus d'urgence à la réflexion en cours.

Les parents de la jeune femme s'étaient plaint amèrement de ce que l'administration américaine avait placé ses principes avant la vie de leur fille.

"Les vrais progrès seront réalisés quand un prisonnier américain rentrera à la maison, et c'est pour cela que nous travaillons tous les jours au retour sain et sauf d'Austin Tice", a estimé Delphine Halgand.

Quant à Diane Foley, elle voit dans la mobilisation à Washington un hommage au travail de son fils assassiné.

"J'ai bon espoir que les vies de Jim et Steven, et d'autres, n'auront pas été sacrifiées en vain", a-t-elle confié.

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