POLITIQUE
18/08/2015 08:41 EDT | Actualisé 19/08/2015 06:58 EDT

Uber propose à Québec de payer une taxe de 10 ¢ par course (VIDÉO)

Uber propose de verser une taxe de 10 ¢ par course afin de régulariser sa situation auprès du gouvernement du Québec. Le service de transport propose de verser cette taxe en échange d'une reconnaissance légale de ses activités.

Une solution similaire a été mise en place à Chicago, où les chauffeurs paient une taxe spéciale de 30 ¢ par course.

Les récriminations de l'industrie du taxi sont dirigées contre la plateforme UberX, de l'entreprise américaine Uber, qui échappe à tout contrôle fiscal de l'État et dont les chauffeurs ne possèdent aucun permis de taxi.

L'ouverture d'Uber intervient quelques jours après la déclaration du premier ministre du Québec,Philippe Couillard, qui s'est dit ouvert, samedi dernier, à l'encadrement de ce nouveau type d'offre de transport.

Le premier ministre Couillard a pris cette position devant l'aile jeunesse de son parti qui s'est prononcée en faveur de la reconnaissance d'Uber et d'entreprises de cette nouvelle « économie du partage ».

M. Couillard s'est dit favorable à l'idée d'encadrer les activités d'Uber dans la mesure où sa pratique s'effectue « de façon à ce que ça crée un climat de compétition qui est correct par rapport aux autres chauffeurs ».

Les services d'Uber

  • UberTaxi (ou Uber tout court) fait appel à des chauffeurs de taxi dont les conducteurs sont membres d'Uber. Certaines centrales de taxi interdisent à leurs membres de l'utiliser pour répondre à des appels.
  • UberX (appelé UberPop en Europe) est un service de covoiturage commercial qui permet à des individus de transporter des clients avec leur voiture personnelle. C'est contre ce service que s'insurgent les chauffeurs de taxi, qui assurent qu'il est illégal.

Le ministre des Transports Robert Poëti et le maire de Montréal Denis Coderre se sont toujours opposés au service proposé par Uber. Ils considèrent, tout comme l'industrie du taxi, qu'il s'agit d'une entreprise illégale.

L'arrivée d'Uber dans le marché montréalais du transport crée des tensions avec l'industrie du taxi qui se sent menacée. Elle reproche à Uber X d'offrir des courses de taxi sans avoir à payer de taxes ou de permis de taxis. Elle réfute la dénomination de « covoiturage », dont se réclame Uber X, plaidant que le chauffeur décide de la destination dans l'offre de covoiturage.

L'associé de Taxelco, Patrick Gagné, estimait en entrevue à RDI la semaine dernière qu'UberX constitue une forme de concurrence déloyale pour l'industrie du taxi. « UberX permet des tarifs plus bas [que le taxi] parce que ses chauffeurs ne paient pas de permis en bonne et due forme comme le prévoit le cadre réglementaire », déplorait-il.

De son côté, Uber réfute offrir un service de taxi. Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, considère qu'Uber offre un service complémentaire qui ne concurrence pas l'industrie du taxi, mais l'utilisation de la voiture par un passager unique. Il compare son entreprise aux autres services de transport comme les vélos Bixi ou les véhicules de Car2Go, Communauto, le métro et l'autobus.

Au moment où Uber montre une ouverture à l'idée de verser des taxes, l'industrie du taxi lance une nouvelle application mobile - Paxi - pour concurrencer Uber.

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