POLITIQUE
18/08/2015 10:29 EDT | Actualisé 19/08/2015 06:50 EDT

Harper veut abolir la possibilité de libération conditionnelle pour certains criminels (VIDÉOS)

Le Parti conservateur promet, s'il forme le prochain gouvernement, de réintroduire son projet de loi éliminant la possibilité de libération conditionnelle pour les criminels reconnus coupables d'un meurtre prémédité associé à certains crimes. Stephen Harper a fait cette annonce dans un point de presse parfois mouvementé à Mississauga, mardi.

D'abord déposé en mars dernier, ce projet de loi avait passé l'étape de la première lecture, mais est mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Les conservateurs veulent en faire une priorité d'un éventuel nouveau mandat.

Le journaliste de Radio-Canada a demandé pourquoi les conservateurs n'avaient pas profité de leur majorité parlementaire pour adopter ce projet de loi, une promesse datant du discours du Trône de 2013. M. Harper est resté évasif. « Je peux noter que ce gouvernement a adopté littéralement des dizaines de projet de loi sur la justice criminelle, a-t-il répondu. C'est une de nos actions un peu plus récente que les autres. »

« Nous avons fait beaucoup, la grande majorité. C'est un projet de loi récent, maintenant c'est top of the list. C'est notre priorité numéro un maintenant, pour les prochaines étapes », a assuré le chef conservateur.

Un meurtre accompagné d'une agression sexuelle, d'un enlèvement, d'une séquestration ou associé à des activités terroristes entrerait dans la catégorie excluant toute libération conditionnelle, de même que les meurtres prémédités de policiers ou d'agents correctionnels.

Stephen Harper réservait des pointes à ses adversaires néo-démocrate et libéral. Le chef conservateur a affirmé que le chef du NPD, Thomas Mulcair, accordait trop d'importance aux « soi-disant droits des criminels » au détriment de ceux des victimes. Quant au chef libéral Justin Trudeau, encore une fois appelé « Justin », il l'a accusé de vouloir « permettre la vente de marijuana à l'épicerie du coin ».

Le chef conservateur a lancé une mise en garde aux électeurs, affirmant que les néo-démocrates et les libéraux « déferont tout ce qu'on a accompli ensemble ».

« Le NPD de Mulcair et les libéraux de Trudeau incarnent la vieille idéologie qui vise à traiter les droits des criminels en priorité, contre laquelle notre Parti conservateur se bat depuis le premier jour. »

— Le chef conservateur Stephen Harper

Notons toutefois que Justin Trudeau n'avait pas fermé complètement la porte à l'idée d'éliminer les libérations conditionnelles dans certains cas. L'hiver dernier, il donnait notamment les exemples de Paul Bernardo et Clifford Olson. « Le Parti libéral et les Canadiens s'attendent à ce que quelqu'un qui est condamné pour un crime sérieux ait des conséquences sérieuses », avait-il déclaré.

Quant à Thomas Mulcair, il avait accusé les conservateurs d'inventer un problème qui n'existe pas, rappelant les dispositions déjà existantes dans le Code criminel concernant les délinquants dangereux.

La période de questions qui a suivi le point de presse, dominée encore une fois par l'affaire Duffy-Wright, a donné lieu à certains débordements. Des partisans conservateurs ont notamment invectivé les journalistes, leur demandant de cesser de poser des questions là-dessus.

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