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16/08/2015 07:30 EDT | Actualisé 16/08/2016 01:12 EDT

Soudan du Sud: le président Salva Kiir assistera finalement aux pourparlers de paix

Le président sud-soudanais Salva Kiir assistera finalement aux pourparlers de paix à Addis Abeba pour tenter de mettre fin à la guerre civile, revenant sur une précédente décision de ne pas s'y rendre, a annoncé son gouvernement alors que les belligérants sont soumis à une forte pression internationale.

A Juba, le ministre des Affaires gouvernementales, Elia Lomuro, a toutefois indiqué que bien que M. Kiir se rendrait dans la capitale de l'Ethipie voisine, il ne serait pas possible de signer un accord de paix complet tant que toutes les factions rebelles ne seraient pas présentes à la table des négociations.

"Il va y aller et expliquer à ses collègues les difficultés pour signer l'accord" de paix, a indiqué M. Lomuro devant des journalistes, ajoutant que le président Kiir se rendrait à Addis Abeba plus tard dans la journée de dimanche.

Le gouvernement du Soudan du Sud et les rebelles ont jusqu'à lundi pour signer un accord afin de mettre fin à vingt mois de guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Samedi, le gouvernement du Soudan du Sud a affirmé qu'il continuerait à négocier avec la rébellion pour obtenir un accord de paix d'ici au 17 août, mais que le président Salva Kiir ne participerait pas directement à ces pourparlers, envoyant son vice-président.

Dimanche, il a cependant décidé de s'y rendre en personne, après des consultations avec les leaders régionaux, qui sont déjà arrivés à Addis Abeba.

Des diplomates ont mis en garde contre tout échec dans la signature d'un accord de pays, menaçant les parties rivales "de conséquences sérieuses".

"Il y a de l'espoir, tant que nous voulons tous la paix", a affirmé M. Lomuro, après que des journalistes lui ont demandé si un accord serait signé lundi.

La guerre civile au Soudan du Sud a débuté en décembre 2013, dans la capitale Juba, lorsque Salva Kiir, un Dinka, a accusé son vice-président nuer Riek Machar, tout juste limogé, de fomenter un coup d'Etat. Les violences, à forte connotation ethnique, ont fait depuis lors des dizaines de milliers de morts, avec de terribles atrocités contre les civils, dans un pays déjà accablé par la pauvreté.

En début de semaine, plusieurs chefs rebelles, dont Peter Gadet, chef de guerre frappé début juillet par des sanctions de l'ONU, avaient annoncé faire scission de la rébellion.

"Riek Machar a déjà été mis de côté et désavoué par sa propre armée" et ses alliés politiques, a ajouté le ministre des Affaires Gouvernementales.

"Si nous signons un accord de paix, nous devons le signer avec toutes les factions et tous les groupes qui se battent', a-t-il indiqué.

Le dernier round de négociations s'était ouvert le 6 août sous la médiation de l'Igad, de l'ONU, de l'Union Africaine, de la Chine et de la "troika" composée de la Grande-Bretagne, de la Norvège et des Etats-Unis.

Le président ougandais Yoweri Museveni, qui a envoyé des troupes au Soudan du Sud pour soutenir le président Kiir, a déclaré dimanche dans un communiqué avoir eu des entretiens à huis clos avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn et le président soudanais Omar el-Béchir. Le président kényan Uhuru Kenyatta s'est également rendu dimanche à Addis Abeba.

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