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16/08/2015 07:04 EDT | Actualisé 16/08/2016 01:12 EDT

Malawi: le président annule sa présence au sommet de l'Afrique Australe "pour faire des économies" (ministre)

Le président malawite Peter Mutharika a annulé son voyage pour le sommet des Etats d'Afrique Australe au Botswana pour "faire des économies", a affirmé un de ses ministres dans un communiqué dimanche alors que le pays subit encore les conséquences d'un scandale de corruption.

"Le président a décidé que nous avions besoin de faire des économies en allégeant notre délégation. Le Malawi doit se relever du Cashgate, des inondations et du manque d'aide internationale. Nous sommes seuls", a déclaré le ministre des Affaires Etrangères malawite George Chaponda dans un communiqué.

L'affaire Cashgate, qui concerne quelque 30 millions de dollars détournés des fonds publics, a entraîné le retrait de l'aide au Malawi de nombreux pays étrangers, pour un montant de l'ordre de 150 millions de dollars alors qu'on estime que le budget du Malawi dépend à 40% de l'aide étrangère.

L'affaire avait poussé à la défaite l'ex-présidente du pays Joyce Banda lors des élections de mai 2014, au profit de son adversaire Peter Mutharika.

Selon M. Chaponda, le Malawi "traverse une période difficile" après le retrait de l'aide internationale.

Le ministre se rendra au Botswana à la tête d'une délégation de quatre personnes pour représenter le Malawi au sommmet de la Communauté de Développement des Etats d'Afrique Australe, qui débute lundi.

Le président Mutharika, connu pour emmener habituellement d'importantes délégations dans ses voyages officiels avait prévu au départ de faire le voyage avec une trentaine de personnes.

En décembre 2014, il avait "remis à plus tard" la forte hausse de son salaire mais avait maintenu une augmentation de 168% pour ses 20 ministres et multiplié par cinq le salaire des parlementaires.

Affecté par le retrait de l'aide internationale, le Malawi a également été confronté en début d'année à d'importantes inondations qui avaient fait 176 morts et 200.000 sinistrés.

Devant la Banque Mondiale le président Mutharika avait alors affirmé que son pays, l'un des plus pauvres au monde, avait "desespérément besoin du retour de l'aide internationale".

Les bailleurs internationaux conditionnent le retour de l'aide à des mesures fortes de la part du gouvernement malawite pour empêcher un détournement massif d'argent public de se reproduire.

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