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16/08/2015 07:02 EDT | Actualisé 16/08/2016 01:12 EDT

Les conservateurs espèrent gagner plus de sièges dans la région de Québec

QUÉBEC — L'animateur de radio Jeff Fillion affirme que les habitants de la région de Québec sont différents des autres Québécois, ce qui explique en partie, selon lui, pourquoi le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'a pas réussi à ébranler le fief du Parti conservateur du Canada (PCC) dans la province lors des élections fédérales de 2011.

Même si les néo-démocrates ont mis la main sur 59 des 75 sièges que compte le Québec à la Chambre des communes il y a quatre ans, les conservateurs ont gardé quatre circonscriptions dans la région de la capitale provinciale et travaillent fort depuis pour reconquérir celles qu'ils ont perdues après la vague orange du dernier scrutin.

M. Fillion, qui anime plusieurs émissions à la station Radio NRJ de Québec, croit que le penchant conservateur de la région s'explique par le fait que ses citoyens vivent «au coeur de la machine».

Cette machine, précise-t-il, est l'importante fonction publique de Québec «qui rend les gens plus ouverts au discours sur la baisse des taxes et le contrôle des dépenses» — deux politiques défendues régulièrement par le PCC.

«Il y a beaucoup de taxes à Québec, il y a une grosse machine à nourrir», poursuit Jeff Fillion. «Et les gens ont l'impression qu'ils donnent, donnent, donnent et qu'ils ne reçoivent pas autant qu'on leur avait dit qu'ils recevraient quand on leur a demandé de l'argent au départ.»

Alors que les conservateurs ne détiennent pas de sièges à Québec même, ils en occupent quatre au sud de la ville.

Le cinquième siège du PCC dans la province est celui de Denis Lebel, le lieutenant de Stephen Harper pour le Québec, dans la circonscription de Roberval—Lac-Saint-Jean.

En 2008, les conservateurs avaient remporté presque tous les sièges de Québec et de ses environs, en plus d'arriver en deuxième place dans les circonscriptions de la région où ils n'avaient pas gagné.

Le PCC a de fortes chances de l'emporter dans au moins une des circonscriptions de Québec le 19 octobre, soit celle de Louis-Saint-Laurent, où son candidat est l'ancien député caquiste Gérard Deltell.

Les habitudes électorales de Québec et de ses alentours ne sont pas la seule chose qui les distingue du reste de la province. La région affiche également un taux de chômage de quatre pour cent, le plus bas de la province et la moitié de la moyenne provinciale.

Une autre différence: les animateurs de radio aux propos conservateurs y sont nombreux et jouissent d'une grande popularité.

Guillaume Ratté-Côté, qui anime l'émission «Politi-Guy Correct» à la station CJMD de Lévis, soutient que l'influence de la radio parlée conservatrice dans la région est indéniable.

«À Montréal, il n'y a personne — personne ! — qui prend un micro pour prôner une façon de voir les choses conservatrice alors qu'à Québec, c'est partout», déclare M. Ratté-Côté. «Les gens ici sont plus fédéralistes et ont tendance à être conservateurs dans le sens typique du terme, pour maintenir le statu quo.»

Le leader du NPD, Thomas Mulcair, s'est arrêté à Québec durant la deuxième semaine de la campagne électorale et a martelé que les conservateurs n'avaient rien fait pour la région. Il a invité les habitants de Québec les plus «progressistes» à «terminer le travail» amorcé par la vague orange en 2011.

Mais selon Jeff Fillion, le message des néo-démocrates ne passe tout simplement pas à Québec. Il cite notamment en exemple l'opposition du NPD à la loi adoptée par le gouvernement conservateur pour forcer les syndicats à fournir des renseignements financiers détaillés.

«Les gens ici croient que c'est bizarre d'être contre quelque chose comme ça, assure l'animateur de radio. Les gens veulent savoir où va l'argent qui est prélevé sur leur chèque de paie chaque semaine. Le NPD n'a aucune chance ici avec des idées comme celles-là.»

Giuseppe Valiante, La Presse Canadienne